Viganògate : un nouveau pan du voile se lève-t-il ?
Dans la lamentable manipulation dont nous a accablé Monsignore Dario Edoardo Viganò, ci-devant préfet du Secrétariat pour la communication, beaucoup a été dit, mais beaucoup reste à découvrir… Lors de sa lecture des “morceaux choisis” de la lettre de Benoît XVI – pourtant supposée devoir rester confidentielle – à l’occasion de la présentation des onze opuscules sur le théologie du pape François, Monsignore Viganò en avait cité un passage qui, bien qu’il fût clair demeurait incompréhensible. Pourquoi Benoît XVI avait-il tenu à dénoncer le « préjugé insensé selon lequel le pape François serait un homme purement pratique, privé d’une formation théologique ou philosophique particulière, alors que moi j’aurais été uniquement un théoricien de la théologie qui n’aurait pas compris grand-chose de la vie concrète d’un chrétien aujourd’hui » ? Dans le Figaro d’hier, 23 mars , Jean-Marie Guénois apporte un élément essentiel qui pourrait lever un coin du voile sur cette énigme de l’autojustification de Benoît XVI vis-à-vis de ceux qui l’ont considéré « comme un théoricien de la théologie qui n’aurait pas compris grand-chose à la vie concrète d’un chrétien d’aujourd’hui ». Car hors le Père Peter Hünermann, il est une autre personne que Benoît XVI cite nommément dans sa lettre et que Monsignore Viganò n’avait pas cru devoir “flouter” : Don Roberto Repole, coordinateur de la publication de ces onze opuscules monocolores et très moderniste président de l’ Associazione Teologica Italiana … Voici ce qu’écrit Jean-Marie Guénois : « Le coordinateur de cette publication, Roberto Repole, qualifie d’ailleurs Benoît XVI dans sa préface de “théologien du XIXe siècle” et il l’oppose à François, pasteur de la modernité. » On pourrait donc ainsi comprendre aisément pourquoi Benoît XVI s’est refusé à « rédiger une brève et dense page théologique » à cette collection qui, non seulement, comportait une contribution d’un théologien qui lui fut viscéralement hostile, mais aussi une présentation générale par un autre théologien qui ne le fut pas moins… Faut quand même pas pousser…
