XIIè ardt : que DALE pour la tradition
Reportage
Samedi 23 janvier, il est 18h30. Nous avons rendez-vous à la station de métro Picpus dans le XIIème arrondissement de Paris avec Bruno de Jouy. Il a fondé le « Droit A la Liturgie Extraordinaire » ( DALE ) avec d’autres jeunes catholiques « tradis » en décembre dernier. L’objet de ce groupe est d’interpeler publiquement (et surtout médiatiquement) les prêtres et les évêques lorsque l’application du Motu Proprio Summorum Pontificum promulgué par le Saint-Père est déficiente. Or, malgré les demandes répétées de 90 familles (environ 250 personnes) et 3 réunions avec les autorités écclésiastiques, le XIIème arrondissement de Paris n’a toujours pas de messe « Saint-Pie V » (c’est-à-dire de messe selon la forme extraordinaire du rit romain).
A la sortie du métro, vingt personnes de tous âges et de tous styles patientent déjà, bientôt rejointes par un stagiaire-journaliste de L’Express .fr ( son papier daté de lundi ). Direction l’Immaculée Conception, à 300 mètres, où la messe anticipée doit s’achever vers 19h30.
Alors que les fidèles quittent les uns après les autres l’église, les militants du DALE se dirigent vers la crèche, à droite de l’autel, et commencent un chapelet. L’orgue les accompagne :
Pendant ce temps, deux jeunes déploient une banderole à l’entrée de l’église, banderole dont le message « Droit à la liturgie extraordinaire » est visible depuis l’autel :
Vu de dehors :
Bruno de Jouy a entamé de son côté une discussion avec le curé de la paroisse, le Père Géniteau :
19h50 : le curé, méfiant, nous déclare n’avoir « pour l’instant pas d’avis sur cette manière de faire donc pas de commentaire » .
Réaction de Bruno de Jouy, après sa discussion de 5 minutes avec le Père Géniteau :
20h14 : arrivée d’une voiture de police. Les policiers s’énervent à la vue de ma caméra et prennent mon identité.
Les policiers : « le curé a peur des enregistrements, la présence des caméras le gêne. »
Bruno de Jouy : « On doit s’entretenir avec le curé ».
20h20 : à Bruno de Jouy qui lui affirme sa détermination, un agent répond : « Vous savez bien, on est parti pour une médiation » . Il se trompe mais je ne le sais pas encore…
Bruno de Jouy apprend en effet peu après qu’il n’y aura « aucune discussion possible » . Le curé a déclaré à la police avoir reçu des ordres de ses supérieurs. « C’est le message de l’archevêque » déclarent les agents :
Réaction à chaud de Bruno de Jouy : « Faire quatre, cinq, dix stations de métro pour pouvoir aller à une messe tridentine n’est pas normal » . Il rappelle également que la semaine dernière était celle de l’unité des chrétiens :
La police déclare posséder une « réquisition du curé » :
La doyenne du groupe, une arrière-grand-mère de 91 ans, nous confie : « [la messe tridentine] me manque », « je suis malheureuse » . Son âge l’empêche d’aller à la messe ailleurs :
Deux véhicules de police sont là. Les agents, qui ne sont pas rentrés dans l’église, en annoncent « deux en route » , pensant que le groupe est plus nombreux.
Réaction à chaud d’Antoine, militant du DALE :
Une troisième voiture de police vient d’arriver :
La police commence à s’impatienter :
Finalement, Bruno de Jouy prend la décision de quitter les lieux pour 21h :
La dernière prière :
Les militants quittent l’église :
Bruno de Jouy dresse un bilan de l’occupation pacifique de ce soir et prévient : « Nous, le DALE, nous allons continuer nos actions » .
Paris, le 23 janvier 2010 – Arthur Leroy pour Riposte-catholique.fr
