Cupich : il y a des choses plus importantes que les abus sexuels (bis)

Le cardinal Cupich, archevêque de Chicago, lors d’un entretien avec la chaîne CBS le 28 août dernier avait déclaré que le pape avait mieux à faire qu’à répondre aux questions de Vigano. J’avais signalé cette effrayante réponse ici le 30 août . Le cardinal Cupich s’était ultérieurement plaint que le montage par CBS de ses propos, en avait altéré le sens et que ce qu’on lui avait entendu dire n’était pas ce qu’il avait dit… J’ai bien fait de garder cela sous le coude et de sursoir à une mise à jour de mon papier. Voici, en effet, ce que nous venons d’apprendre du quotidien Chicago Sun Times dans sa livraison du 10 septembre .

Le cardinal est allé à la rencontre des quelque 200 séminaristes du séminaire de Mundelein qui fait partie de l’université catholique de Sainte-Marie-du-Lac (en anglais University of Saint Mary of the Lake ), le 29 août. Il n’y prêcha pas une retraite, mais eut de nombreux échanges avec eux encore sous le coup des révélations rapport du grand jury de Pennsylvanie (14 août) et de celles du témoignage de l’archevêque Vigano (25 août). Selon des témoignages accordés sous couvert d’anonymat – on le comprend ! – et recueillis par le Chicago Sun Times , un séminariste déclara à Cupich : « Je suis blessé, je n’arrive pas à dormir, je suis écœuré » . Le séminariste dit au cardinal qu’il était un petit garçon quand éclata l’affaire de Boston en 2001 et qu’il croyait que, depuis, « les évêques avait fait leur boulot » . Cupich remercia le séminariste et avoua que la situation l’écœurait aussi. Mais, quelques minutes plus tard, il déclara : « Moi je me sens tout à fait en paix actuellement. Je dors très bien » . Les séminaristes n’en crurent pas leurs oreilles et plusieurs secouèrent leurs têtes en exprimant leur incrédulité. Puis Cupich dit aux jeunes rassemblés que certes le « programme » de l’Église veillait à protéger les enfants de tout mal, mais que « [son programme] contenait des choses plus importantes que toutes ces choses qui nous distraient [de ce qui est plus important, comme l’aide aux sans-abri et aux malades] » . Le service de communication de l’archevêché de Chicago n’a pas jugé utile de commenter autrement que par un laconique : « Le cardinal a parlé en son nom propre et les séminaristes en leur nom propre » .

Conclusion : le cardinal a dit la même chose à CBS le 28 août et aux séminaristes le 29… Fermez le ban !