Évêque de Pamiers : « Le cléricalisme, voilà l’ennemi ! »

On prétend que la distinction entre droite et gauche a vécu. Selon Mgr Eychenne, évêque de Pamiers, qui à la suite du pape François veut éradiquer le cléricalisme, la distinction entre clercs et laïcs, elle aussi, ne vaut plus : clercs et laïcs seront désormais ensemble des « coresponsables ». Certes, dans le respect des charismes de chacun, en tout cas tant qu’il restera quelques prêtres. Car il n’y aura bientôt plus de cléricalisme à éradiquer à Pamiers, puisqu’il n’y aura plus de prêtres. Nous voulons dire qu’il n’y aura plus de coresponsable-à-charisme-ministériel.

Il faut savoir que la dernière ordination sacerdotale dans le diocèse de Pamiers date de 2016 et l’avant-dernière de 2006, et qu’au mieux un seul séminariste se réclame du diocèse. Il est à craindre que les vocations ne soient pas prêtes de renaître sur les terres d’Ariège.

Précisons cependant que l’évêque de Pamiers, quant à lui, reste évêque. Évêque de Pamiers. Nous ne résistons pas à évoquer cet évêque de Paumiers, dont Bernanos a fait le portrait dans L’imposture , et qui manifestait en toute occasion « son indomptable résolution de vivre et mourir à l’avant-garde de son siècle ».

lundi 15 octobre 2018 17:05

Chers frères prêtres,

Quelques éléments de partage pour cette semaine :

Le Pape François nous invite, face aux blessures qui marquent la vie de notre Église, à nous éloigner d’une culture de l’abus (abus de pouvoir ; abus d’autorité ; abus spirituel ; abus sexuel). Il relie cela au « cléricalisme » qu’il faudrait éradiquer.

Que comprendre derrière ce concept, qui ne renferme pas la même chose en fonction de la culture et de l’histoire d’un peuple, et donc dans telle ou telle église locale ?

À force de montrer du doigt les abus de pouvoir de la part des prêtres, ne se prépare-t-on pas une église sans prêtres ? Si l’horizon qui se dessine pour des jeunes, qui se poseraient la question de la vocation, est de ne disposer d’aucun « pouvoir », à quoi bon devenir prêtre ?

Pour ma part je pense qu’il est essentiel de sortir du cléricalisme qui serait une manière d’envisager l’autorité d’un prêtre à la manière de celle d’un responsable politique, militaire, ou encore de celle d’un chef d’entreprise ? Il n’y a pas d’Église du Christ sans clercs, mais leur « pouvoir » ne doit pas être envisagé à la manière « du monde », mais de façon évangélique. Dans les dernières lettres de mission, en les remettant aux intéressés (après le signe du lavement des pieds), nous avons fait référence à deux épisodes évangéliques : l’épisode évangélique du lavement des pieds (Jn 13, 1-17) et celui de la demande de la mère de Jacques et Jean (Mt 20, 20-28).

Nous allons chercher ensemble un chemin évangélique de « coresponsabilité » sans porter atteinte à la diversification des charismes et des ministères dont l’Église à besoin. Rien n’est écrit, nous nous interrogeons ensemble, avec tous les acteurs, et en libérant la parole et les initiatives […]

Très fraternellement.

  • Jean-Marc Eychenne – Évêque de Pamiers, Couserans et Mirepoix