Les Petites Sœurs de Marie n’existent plus !
Nous avons parlé à plusieurs reprises des tourments et persécutions que subissent les vaillantes communautés des Petites Sœurs de Marie Mère du Rédempteur , dans les diocèses de Laval et de Toulouse. Elles viennent de rendre public ce triste communiqué qui annonce que la Congrégation romaine pour les Religieux les a relevées de leurs vœux : elles cessent d’être religieuses.
Ce n’est pas verser dans le “complotisme” que de remarquer qu’aujourd’hui toute communauté masculine ou féminine tant soit peu traditionnelle, tout séminaire classique qui recrute encore, toute œuvre vraiment orthodoxe qui prospère, est inquiété, menacé, sanctionné. Point n’est besoin d’une grande science dans le discernement des esprits pour comprendre quel esprit est à l’œuvre.
Voici leur déchirante lettre circulaire…
Communauté de Saint-Aignan (53), Communauté de Lagardelle (31), Communauté de Castelnau ( 31)
Lundi 3 juin 2019
Communiqué des Petites Sœurs de Marie
Chers amis, Chères familles,
Vous le savez, depuis deux ans, nous traversons des difficultés avec les autorités ecclésiastiques : des difficultés qui trouvent leur origine dans un différend avec l’évêque de Laval, celui-ci voulant imposer la scission des associations de gestion des EHPAD qui avaient pourtant fusionné en 2014, avec ses encouragements, pour mieux répondre aux défis actuels.
Puis, nous avons compris que les autorités ecclésiastiques voulaient aussi nous faire changer notre manière de vivre notre vie religieuse, à l’instar des orientations actuelles…
Au terme de ces deux années,
Après avoir cherché à rester fidèles, tant à l’Église qu’au charisme légué par Notre Seigneur à Mère Marie de la Croix,
Après avoir tenté de trouver maintes et maintes fois une voie de dialogue avec Rome
Après avoir offert des solutions d’apaisement,
Aucun accord n’ayant pu être trouvé, les autorités romaines chargées de la Vie Consacrée viennent de faire le choix de nous relever de nos vœux religieux ; s’il est vrai que le contexte de pression morale et l’impasse dans lesquels nous nous trouvions, nous ont acculées au mois d’octobre dernier, contre notre volonté profonde, à demander à être relevées de nos vœux, puisque aucune autre solution ne nous a jamais été offerte pour protéger notre communion à l’Église : nous en sommes profondément meurtries et demeurons douloureusement surprises que Rome ait préféré faire droit à cette demande plutôt que d’accéder aux solutions d’apaisement que nous avions proposées et qui étaient à notre portée.
Aujourd’hui donc, à l’exception de cinq sœurs (en Mayenne) qui ont accepté les décisions de Rome et la mise sous tutelle, nous ne sommes plus désormais une congrégation religieuse.
Bien sûr, nous n’avons pas vécu ces deux douloureuses années pour perdre aussi le trésor que constitue pour nous le charisme reçu de Mère Marie de la Croix. Nous voulons continuer à le vivre ensemble, dans une vie de prière et de service. Ecce !
Il nous est demandé de quitter notre habit et nos maisons religieuses.
La hiérarchie de l’Église a sans doute cru bon de devoir changer son regard à notre égard : nous en prenons acte… Fiat !
Paradoxalement et mystérieusement, nous vivons plus que jamais peut-être ce qui fait le cœur de notre vocation : à l’instar de Sainte Marie, prendre notre part de souffrance pour l’accomplissement du dessein Rédempteur, dans la réparation, pour le salut des âmes, pour la sanctification des prêtres, pour l’Église si abîmée par toutes sortes de scandales, pour le monde. Si le Christ, époux de nos âmes, nous juge dignes de porter une telle Croix, alors il nous faut lui rendre grâce, envers et contre tout !
Nous remercions tous ceux qui nous ont soutenues et encouragées et continueront à le faire, désireuses de poursuivre la route dans l’esprit et les valeurs qui ont toujours été les nôtres. Magnificat !
