Défense de la messe traditionnelle : « Le fait que les fidèles manifestent est la seule manière en 2021 d’influencer le cours des choses »
Présent, sous la plume d’Anne le Pape, revenait ce 30 août sur la septième manifestation de défense de la messe traditionnelle organisée devant la nonciature apostolique à Paris. L’occasion de partager une bonne nouvelle – le maintien de la communauté de la basilique Saint-Bernard de Dijon, qui sera desservie par l’ICRSP à partir du 12 septembre en lieu et place de la FSSP, mais aussi les inquiétudes quant à un nouveau texte de Rome qui mettrait à mal les séminaires traditionnels.
Présent donnait aussi la parole à un prêtre du diocèse de Paris, qui assistait un peu en retrait à la manifestation.
— Pourquoi être venu, Monsieur l’abbé ?
— J’ai conduit en voiture un ami laïc, qui voulait venir. Connaissant bien le courant traditionnel dans l’Eglise, je suis particulièrement peiné de ce motu proprio [Traditionis Custodes] du 16 juillet 2021, qui vient remettre en cause ce que le motu proprio de 2007 de Benoît XVI avait simplement déclaré dans la paix et la sérénité. Le fait d’interdire aux prêtres de célébrer la messe traditionnelle, d’y mettre la condition d’une autorisation de leur évêque, voire, pour les nouveaux prêtres, d’une permission romaine au-dessus de l’évêque du lieu, d’interdire tout nouvel apostolat à l’avenir, est probablement contraire au droit divin. Summorum pontificum de 2007 est un texte plus déclaratif que de droit positif. Celui de juillet 2021 ne peut qu’étonner et provoquer des réactions car il va à l’encontre de lois fondamentales d’évangélisation et de manifestation de sa foi. Inconsciemment, la fibre de bon sens des fidèles est touchée.
— Pensez-vous qu’une manifestation comme celle que nous vivons aujourd’hui peut être utile, qu’elle peut orienter les décisions à venir des évêques français ?
— Les évêques français attendent une instruction de la Congrégation pour le culte divin. Si cette instruction est trop sévère, ils feront les grands seigneurs en l’aménageant gentiment ; si elle ne l’est pas assez, ils voudront la corser un peu. Mais tout cela est médiatique, public. Le fait que les fidèles, troublés par l’injustice des circonstances actuelles, manifestent, c’est malheureusement la seule manière, en 2021, d’influencer le cours des choses . Il n’y a que les événements publics et les pressions publiques, que ce soit dans la rue ou sur les réseaux sociaux, qui touchent les personnes qui ont l’autorité et influent sur leurs décisions, alors que ce devrait être plutôt l’objectivité, la réalité et, en l’occurrence, le bien des âmes dans la foi catholique, et surtout dans la volonté de donner les moyens du salut pour la conversion, le baptême et la vie selon la Sainte Incarnation de Notre Seigneur.
— Vous recommandez donc aux fidèles, non seulement de prier, mais d’agir ?
— Oui, car nous sommes dans un monde politisé, aussi bien dans la vie publique proprement « politique » que dans la vie religieuse.
Propos recueillis par Anne Le Pape
