Vaccins, messe : Mgr Schneider dénonce la « confusion qui prévaut dans la vie de l’Eglise »

Dans un long entretien accordé au mouvement Civitas, Mgr Schneider, évêque auxiliaire d’Astana, revient sur diverses questions actuelles au sein de l’Eglise et du monde, notamment les vaccins anti-covid issus des lignées foetales, la dictature sanitaire, ou encore la défense de la messe traditionnelle. Il brocarde notamment « la confusion qui prévaut dans la vie de l’Eglise depuis des décennies « . Extraits :

Sur la dictature sanitaire et les vaccins :

« Personne ne peut douter que nous vivons à une époque qui présente clairement les caractéristiques d’une dictature athée mondiale et où le péché et la rébellion contre Dieu ont atteint des proportions presque inimaginables. Nous vivons dans une dictature de péché, de perversion et de révolte contre les commandements de Dieu ».

Au sujet des justifications du recours à des vaccins issus de lignées fœtales ( voir à ce sujet le tableau sur les lignées de vaccins établi par la FSSPX ), par certains prêtres ou les autorités de l’Eglise :

« De nombreuses hérésies morales de notre temps contiennent également des citations de saint Thomas et d’autres docteurs de l’église. On oublie cependant le point essentiel que ces citations ne s’appliquent pas à l’utilisation des produits souillés d’avortement et à l’industrie fœtale. Ces deux maux sont si monstrueux qu’ils sont incomparables avec d’autres maux qu’un chrétien accepte contre son gré dans une société impie »

Au sujet des mouvements de lutte contre la dictature sanitaire :

« Je crois que tous les moyens démocratiques doivent être utilisés pour se défendre contre le contrôle totalitaire de la vie privée par le gouvernement. Nous devons aussi nous défendre contre l’appropriation de notre corps par le gouvernement. Car une telle situation est l’expression d’un communisme extrême dans lequel tout appartient à l’État et la personne privée n’a absolument aucune propriété et aucun droit démocratique réel.

Avec les mesures contre le Covid, les droits fondamentaux de l’individu sont restreints de manière disproportionnée et presque sans recours. Ceux qui se défendent par des moyens démocratiques sont appelés « ennemis du peuple ». Cela me rappelle presque la même terminologie utilisée dans la dictature du communisme soviétique, où quiconque critiquait l’idéologie de l’État était qualifié d’« ennemi du peuple » (en russe, « wrag naróda »).

Au sujet de Traditionis Custodes et de la messe traditionnelle

« Le Motu Proprio et la lettre d’accompagnement commettent une injustice contre tous les catholiques qui adhèrent à la forme liturgique traditionnelle, en les accusant en généralisant de semer la discorde. L’argument invoqué dans le Motu Proprio et la lettre d’accompagnement, à savoir que la forme liturgique traditionnelle crée la division et menace l’unité de l’Église, est démenti par les faits »

[…] La messe traditionnelle est un trésor qui appartient à toute l’Église, car elle a été célébrée et profondément appréciée et aimée par les papes, les fidèles et les saints depuis au moins mille ans. En fait, la forme traditionnelle de la messe était presque identique pendant des siècles avant la publication du Missel du pape Pie V en 1570. Un trésor liturgique valable et très estimé depuis près de mille ans n’est pas la propriété privée d’un pape, dont il peut disposer librement. Par conséquent, les fidèles, les séminaristes et les prêtres doivent demander le droit d’utiliser ce trésor commun de l’Église, et s’ils se voient refuser ce droit, ils peuvent néanmoins l’utiliser, peut-être même de manière clandestine ».

Au sujet de l’opposition sous-jacente entre l’ancienne et la nouvelle messe :

« l a diffusion croissante des célébrations de la Messe traditionnelle révèle à tous qu’il existe – après un examen honnête et plus approfondi – une véritable rupture entre les deux rites aussi bien rituellement que doctrinalement. Le rite traditionnel est, pour ainsi dire, un reproche constant aux autorités du Saint-Siège qui leur veut dire : « Vous avez fait une révolution dans la liturgie. Retournez à une vraie continuité entre les deux formes liturgiques ». La réforme liturgique que les Pères du Concile avaient à l’esprit est celle que Paul VI a approuvée en 1965 et que les Pères du Concile ont célébrée lors de la dernière session. Mgr Lefebvre lui-même a célébré la messe selon la forme de 1965, ainsi que le séminaire d’Ecône dans les premières années.

Au sujet de Mgr Lefevre :

« Il faut jeter un regard large sur la crise extraordinaire qui frappe l’Église depuis près de 60 ans et qui a atteint des proportions vraiment terrifiantes sous le pontificat du pape François. Cette crise croissante a ses racines aussi dans certaines déclarations ambiguës du Concile et surtout dans la nouvelle messe de Paul VI, qui représente pour tout observateur objectif une sorte de révolution liturgique. À la lumière de l’évidence de cette crise de l’Église, que l’on peut le mieux comparer à la crise arienne du IVe siècle, l’œuvre et le témoignage de Mgr Lefebvre apparaissent prophétiques et héroïques, car il était guidé uniquement par son fidèle attachement à ce que l’Église a toujours enseigné et à la manière dont elle a célébré la Sainte Messe au cours des millénaires. […] Je pense qu’après cette crise, l’Église l’en remerciera »

Au sujet de la responsabilité des évêques :

« Il n’y a pas un grand nombre d’évêques qui s’engagent pour cela publiquement. Parfois, la raison en est la faiblesse humaine et la peur d’être exposé, ou la peur d’une attaque ; dans certains cas, c’est la peur de ne pas pouvoir faire carrière ou même d´être relevé de sa charge. C’est compréhensible car c’est aussi une expérience humaine que les officiers peuvent trouver difficile de mener un combat sans le soutien de leur général. En luttant pour maintenir et transmettre la pureté de la foi, de la morale et de la liturgie, les évêques doivent se rappeler que leur véritable général est Jésus-Christ, l’Éternel Souverain Prêtre et le Roi des Rois »

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