Saint-Laurent sur Sèvre : derrière le « culte oecuménique », la kabbale et la maçonnerie ?

Le dimanche 10 octobre prochain, la paroisse de Saint-Laurent sur Sèvre se risquera-t-elle à une profanation ? Car derrière l’organisation d’un « culte œcuménique » pourtant « sans rituels « , pendant une heure, la paroisse accueille aussi un colloque où s’exprimeront divers intervenants, dont un spécialiste de la kabbale et de la franc-maçonnerie.

On apprend dans la presse locale que de 9h à 10h, dans la basilique, il y aura une célébration œcuménique : » nos trois acteurs, le père Paulin, recteur de la basilique, le pasteur Bernard Delépine et Benjamin Barret, le diacre orthodoxe, ont carte blanche pour ce moment « .

Cette « célébration intervient dans le cadre d’un week-end organisé par le Cera autour de la spiritualité, « essentielle pour l’homme. C’est ce qui le caractérise, qui fait sa différence par exemple avec l’animal », soutient Jean-Michel Mousset « , ex-fondateur du groupe de transports éponyme et président depuis 2007 du CERA, un club de réflexion de patrons vendéens aux intervenants très variés , du général de Villiers au sociologue Michel Maffesoli, auteur d’une « lettre ouverte aux francs-maçons « .

Deux intervenants proches de la francs-maçonnerie sur cinq, dont un spécialiste de la kabbale ?

Parmi les cinq intervenants de ce « colloque sur les spiritualités « , on trouve une auteure spécialiste des religions, une psycho-energeticienne, un ex-bouddhiste…

Jean Staune , qui intervient à ce colloque, est présenté comme une personne qui oeuvre pour le dialogue inter-religieux. Si on va plus loin, on trouve qu ‘il a donné une conférence à l’université maçonnique le 28 novembre 2015 sur le thème « l’existence a-t-elle un sens ? », dans le Grand Temple du Suprême Conseil pour la France, à Neuilly sur Seine . Il est rappelé, dans l’annonce de cette conférence, que « l’entrée à cette conférence est réservée aux Sœurs et Frères de toutes obédiences et de tous grades. Il faut donc être franc-maçonne ou franc-maçon pour assister à cette conférence qui n’est pas « tout public « . Il a depuis édité un livre sur cette thématique, dont la présentation se passe de commentaires.

Autre intervenant, présenté comme spécialiste de la kabbale juive – c’est dire – Marc Halévy est aussi auteur de plusieurs livres sur la franc-maçonnerie , et spécialiste de la question. Attaqué par un membre du Grand Orient – obédience avec laquelle il est visiblement fâché – il répond en 2020 sur son blog, de façon passionnée et assez engagée :

« En France, il n’y a qu’une seule obédience régulière et reconnue : le GLNF, mais, du fait de l’incapacité atavique française de respecter convenablement des Règles traditionnelles […] il y a aussi des Grandes Loges Régulières mais non encore reconnues (GLdF, GLAMF et deux ou trois autres) et il y a, surtout et très malheureusement, 220 « obédiences » dites « dissidentes » ou « libérales » (suite, notamment, à des récupérations politiques comme celle de Napoléon) qui se proclament maçonniques et qui ne le sont pas (en tête desquelles ces deux fumisteries nommées GOF et DH). Soyons très clairs : ces 220 « obédiences » qui se disent maçonniques, ne le sont pas : elles sont des simulacres, des impostures, des plagiats, des détournements … et leurs membres ne sont pas des Frères (et encore moins des Sœurs) […]

Il est extrêmement dommageable pour la Franc-maçonnerie authentique que la France et ses anciennes colonies ou conquêtes, s’obstinent à perpétuer des ersatz de pseudo-maçonneries sans queue ni tête … qui fassent la une des journaux et magazines en étalant leur affairisme, leur gauchisme, leur laïcisme, leur clientélisme, leurs copinages exécrables ! Il faut que cela cesse. La Franc-maçonnerie est ce qu’elle est et ne peut être autrement que ce qu’elle a toujours été, depuis mille ans. Elle est intemporelle. Elle est un Ordre initiatique traditionnel, donc immuable et inamovible. […] Ce que je ne tolère pas, c’est que des usurpateurs, des faussaires et des imposteurs bafouent, tous les jours, ce qu’il y a de plus précieux et de plus sacré pour moi « .

Cependant, déiste ou non, la franc-maçonnerie a été et est toujours condamnée par l’Eglise, depuis 1738 – à l’époque où toute la franc-maçonnerie était déiste, le Grand Orient de France (GODF ou GOF) n’ayant abandonné la référence au Grand Architecte de l’Univers qu’en 1877, se séparant ainsi des obédiences « régulières « .

Le Vatican a rappelé l’incompatibilité entre catholicisme et franc-maçonnerie en 2007 par la voix de Mgr Girotti, alors régent du tribunal de la pénitencerie apostolique : « l’Église catholique a toujours critiqué la conception mystique propre à la franc-maçonnerie, la déclarant incompatible avec sa propre doctrine » et démis de ses fonctions en 2013 le curé de Mégève, qui avait déclaré son appartenance à la franc-maçonnerie – il a persisté et est désormais banquier.

On peut se demander quelle mouche a piqué la paroisse de Saint-Laurent sur Sèvre de faire de la publicité à un colloque qui n’a rien de catholique, et pis, accepter une célébration « oecuménique » qui lui aussi semble servir un tout autre maître que Dieu.