Abus sexuels du clergé : la CORREF prend des décisions pour les victimes et les ordres religieux

Outre la reconduction de Véronique Margron pour quatre ans à sa tête, et l’élection d’un nouveau bureau, la CORREF (COnférence des Religieux et REligieuses de France) a pris un certain nombre de décisions liées aux abus sexuels du clergé, et notamment celle – qui avait été divulguée le 9 novembre lors de la conférence de presse de clôture de la CEF – de créer un fonds d’indemnisation pour les victimes des congrégations notoirement faillies ou disparues.

D’autres décisions ont été prises, qui sont détaillées dans le communiqué de presse qui suit (nous mettons en gras) :

Dans le cadre de l’engagement pris lors de l’assemblée des 19 et 20 avril 2021, en faveur de la justice réparatrice, et du travail mené par la Corref depuis plus de deux ans, dans l’écoute du rapport de la CIASE,

Cette commission aura pour mission d’être un « tiers de justice ».

Les décennies passées nous ont montré l’impossibilité de demeurer juge et partie, ce que le rapport de la CIASE décrit comme une des causes majeures de la surdité cruelle aux victimes ou/et de la non-adéquation de nos décisions.

Par ailleurs,

La commission mettra en place en centre d’archives, de ressources et de recherche.

Il s’agit ici que les témoignages des victimes, de leurs proches aussi, autant que la façon dont ces situations ont été – ou on – préalablement traitées, servent pour l’avenir. Qu’ils puissent être recensés, étudiés, afin de donner lieu ensemble à des communications et des formations à destination des instituts religieux. Que le don fait par les victimes de leur douloureuse parole puisse ainsi participer du « plus jamais » est aussi une forme de justice réparatrice.

Dans cette même ligne la Commission aura à cœur de sensibiliser les instituts, participant ainsi à l’indispensable œuvre de prévention.

Enfin, la Commission sera en lien avec l’instance nationale créée par les Évêques de France, afin que dans toute la mesure du possible les mêmes règles et les mêmes principes » s’appliquent. (cf. Recommandation 32 du rapport de la CIASE)

Le président de la Commission nommé pour 4 ans, par la présidente de la CORREF après avis de son conseil, est M. Antoine Garapon , magistrat honoraire .

Il composera sa commission en toute indépendance, en fonction des objectifs donnés par cette assemblée générale. La commission disposera de bureaux indépendants et des moyens nécessaires à son travail. Son budget sera entièrement assumé par la CORREF.

  1. L’assemblée générale décide de la création d’un fond de réparation subsidiaire Fonds de réparation en faveur des victimes d’abus sexuels de la part de religieux ou de religieuses .

Il peut en effet arriver que des personnes victimes l’aient été d’instituts qui se sont éteints ou d’institut dont la défaillance financière serait avérée. La Commission pourrait alors se tourner vers ce fond pour honorer la possible réparation financière. I

Il sera alimenté exclusivement par la solidarité des instituts religieux membres de la CORREF. La CORREF en est l’unique membre. Le Père Marc Botzung , ancien vice-président de la CORREF, membre de la congrégation du Saint-Esprit en a accepté la présidence.

À la suite de ses travaux durant cette Assemblée, prenant en compte les recommandations de la CIASE, afin de mieux comprendre comment nous en sommes arrivés à une telle faillite et afin de prévenir les abus de demain, la CORREF organisera 4 groupes de travail pluridisciplinaire avec un agenda, sur :

Le rapport de la CIASE relève combien tout charisme est subordonné à la charité. La Commission demande que nous identifiions toutes les formes dévoyées de charisme (…) et toutes les confusions possibles entre séduction et charisme.

Le groupe de travail devra spécialement prendre en compte :

Le rapport montre combien ces temps sont ceux de possibles vulnérabilités et demandent donc une attention accrue afin d’honorer la liberté, spécialement la liberté de conscience, la formation intellectuelle autant qu’humaine, avec des compétences avérées et pluridisciplinaires.

Le groupe devra spécialement prendre en compte :

Le rapport montre combien la gouvernance doit être interrogée et réformée car c’est le déni des forfaits commis, voire la complicité active ou passive qui a rendu possible la réitération de ces crimes et l’impunité des auteurs.

Le groupe de travail devra spécialement prendre en compte :

Le rapport manifeste avec force l’incapacité qu’a eue l’Église à signaler les auteurs, mais aussi à les suivre. Cette situation favorisant la récidive et le sentiment d’impunité et de toute puissance.

Le groupe de travail devra spécialement prendre en compte :

Enfin, la CORREF poursuivra pleinement sa collaboration avec les commissions et groupes de travail mis en place par la conférence des évêques.