Paris : Monseigneur Aupetit fait la Une du Point

Dans un article fleuve , qui reprend diverses affaires (mal) gérées par Monseigneur Aupetit à la tête du diocèse de Paris (Saint-Jean de Passy, le centre saint-Merry, la démission de deux vicaires généraux (Benoist de Sinety et Alexis Leproux), le Point met à « l’honneur » la gestion du diocèse de Paris par Mgr Aupetit et sa garde rapprochée.

« Dans la solitude des sacristies, nombreux sont les prêtres parisiens à compter en silence le nombre d’années qu’il leur reste à tenir. Mgr Aupetit devra quitter son poste pour limite d’âge à 75 ans. Encore cinq ans à serrer les dents. Car ces clercs ont désormais appris à connaître la face cachée du personnage, et beaucoup souffrent de ses manières cinglantes, de son singulier manque d’écoute et d’empathie […] c’est le même portrait de l’archevêque qui est dessiné : celui d’un homme accablé par une charge trop lourde pour lui, compensant son défaut de culture théologique par un autoritarisme et une brutalité inhabituels au sommet de l’Eglise « .

Les fidèles de la messe en latin en savent quelque chose, après la suppression d’une grande partie des messes par Mgr Aupetit, qui a ensuite nié leur suppression – contre les évidences – avant de fuir le dialogue avec des fidèles dont il ne fait à l’évidence pas grand cas après leur crime de lèse-Majesté.

L’article mentionne aussi sa méthode de recrutement : « décrit comme un homme autocentré qui ne prend conseil auprès de personne, Mgr Aupetit prescrit, à la manière d’un médecin sûr de lui et de son diagnostic. Beaucoup s’étonnent, par exemple, de la façon dont sont pourvus les différents postes clés de l’Église de Paris. Ainsi, pour succéder à Philippe de Cuverville, économe du diocèse, un cabinet de recrutement, Egon Zehnder, met gracieusement à la disposition de l’archevêché l’un de ses chasseurs de têtes. Plusieurs profils sont présentés à Aupetit, qui sort finalement de son chapeau une recrue de son choix : Jean Chausse, ancien directeur financier d’Auchan – une manière de signifier à tous, qu’importe le travail fourni, qu’il est seul, pour le diocèse, à savoir ce qu’il convient de faire « .

L’article s’arrête aussi sur certains départs au collège des Bernardins : « après celui d’Hubert du Mesnil, son directeur général, celui du vicaire général Alexis Leproux, son président, et celui de Bertrand de Feydeau, président de la Fondation des Bernardins, c’est au tour de François Morinière, l’un des administrateurs du Collège, de présenter sa démission, en juillet dernier, à Mgr Aupetit « .

In cauda venenum : silence et liaisons dangereuses ?

En fin d’article, Le Point s’attarde sur une autre affaire, peu connue, même dans le microcosme : « il faut relater un épisode embarrassant qui a eu lieu au printemps 2020. D’après nos informations, l’équipe rapprochée de l’archevêque prend à ce moment-là connaissance d’un e-mail datant de février 2012, et longtemps conservé par l’ancienne secrétaire de Mgr Aupetit. Ce courrier électronique a, à l’époque, été envoyé par erreur par Michel Aupetit lui-même – il est vicaire général de Paris – à sa secrétaire, alors qu’il le destinait à une femme de sa connaissance. Bel acte manqué… Car la teneur de ce courrier témoignerait, selon des sources concordantes, d’une relation intime avec cette femme, une liaison qui relève de sa vie privée […] mais contrevient aux vœux de son ministère « , révèle Le Point.

Le magazine poursuit : « Elle pourrait donc, une fois rendue publique, mettre en péril la confiance déjà mise à mal des fidèles en leur Église et elle expose surtout le prélat à une ambivalence intenable, car si une semblable aventure concernant un prêtre de son diocèse lui était rapportée, Mgr Aupetit serait tenu de le suspendre… C’est la raison pour laquelle son entourage – ils sont une petite dizaine à avoir lu le courriel – le confronte au printemps 2020 à cette affaire : on veut entendre ses explications et prévenir avec lui la crise qui menace. L’archevêque, toujours d’après nos informations, s’empêtre dans des explications confuses, commence par promettre de démissionner, puis nie. La confiance est définitivement brisée. En mai 2020, le courriel est confié au nonce apostolique Celestino Migliore, « ambassadeur » du Vatican en France […]. Depuis, il semble que cette enquête se soit enlisée entre Paris et le Saint-Siège… « .

De quoi plomber effectivement l’ambiance… et susciter des attentes. Sur le Forum Catholique , le webmestre XA résume ce sentiment : « J’espère bien que l’archevêché va très rapidement porter plainte contre Le Point. Compte tenu du contexte actuel, il n’est pas possible que le doute subsiste. Soit il s’agit de diffamation, et cet hebdomadaire surfe sur la vague et se doit d’être poursuivi. Soit cette information est exacte, et Mgr Aupetit se doit de se retirer très rapidement de sa charge. Quand on monte au cocotier comme il l’a fait, à grand renfort d’appels à l’obéissance et à la discipline ecclésiale , on se doit d’avoir le caleçon propre. Les catholiques ont le droit à la vérité. Les prêtres du diocèse aussi « .