Un vaudeville théologique ?
C’est un lecteur du Forum catholique qui a rappelé dans son post un article publié sur un blog québecquois qui rappelle que l’affaire qui secoue les dominicaines du Saint-Esprit se caractérise non seulement par une proximité intellectuelle, professionnelle et logistique entre le cardinal Ouellet et la supérieure, mais surtout par une divergence… théologique entre la supérieure et Mère Marie Ferréol ! Le différend porterait en effet sur la notion de « nature pure ». Mère Marie de l’Assomption défendrait, dans sa thèse de doctorat, les positions d’Henri de Lubac sur la question des rapports entre le naturel et le surnaturel. Se basant sur une lecture controversée de Saint Thomas d’Aquin, le jésuite soutient le refus d’une séparation radicale entre l’ordre naturel et l’ordre surnaturel. Pour certains, cette position aboutirait à nier la gratuité du surnaturel. La position du Père de Lubac a fait couler beaucoup d’encre, y compris chez des dominicains classiques, pas nécessairement conservateurs.
Mère Marie Ferréol s’adresse au pape François pour savoir pourquoi elle doit quitter cette communauté où elle est entrée il y a trente-quatre ans. Selon Le Monde , il ne s’agit pas d’un problème «sexuel» ou de mœurs . Mais – tenez-vous bien – de théologie et d’aversion entre deux femmes dont l’une a ses entrées au Vatican.
C’est que l’influent cardinal Ouellet entretient des relations privilégiées avec une autre dominicaine du Saint-Esprit, Marie de l’Assomption (Émilie de Vigouroux d’Arvieu). Lorsqu’elle a soutenu sa thèse de doctorat à la Sorbonne sur saint Thomas d’Aquin en 2019, le prélat de 77 ans, qui a préfacé sa thèse, était assis en première rangée.
Non seulement cette professeure de philo âgée de 46 ans est-elle devenue sa partenaire théologique, mais elle lui sert aussi d’assistante et de chauffeuse à Rome comme en France où le cardinal séjourne dans la villa de bord de mer de la famille d’Arvieu.
Selon des témoignages consultés par Le Monde, mère Marie de l’Assomption entretient des différends théologiques acerbes avec mère Marie Ferréol, qui a une lecture diamétralement opposée de saint Thomas d’Aquin. Elles se «crêpent le chignon» également sur les thèses du jésuite Henri de Lubac, qui eut aussi des relations mouvementées avec Rome.
