L’unité orthodoxe ?

Jean-François Colosimo écrit dans La Croix :

Le Patriarcat de Moscou est la seule entité qui couvre encore le territoire de l’ex-URSS. Kirill va endosser l’agressivité diplomatique de Poutine . Il met en acte l’idéologie du « monde panrusse », s’assure de hiérarchies dociles en Biélorussie et en Ukraine, maintient des diocèses ethniques de l’Estonie au Kazakhstan et réunit les branches réfractaires de l’émigration en Occident au besoin en les soudoyant. Mais pour affirmer sa volonté de puissance, Kirill va briser l’unité orthodoxe.

Confondant dès 2016 capacité de domination et pouvoir de nuisance, il commence par refuser de participer au grand concile convoqué par le Patriarcat de Constantinople. Puis il se met à multiplier les tentatives de putsch. Investissant la Terre sainte, il cherche à instrumentaliser le Patriarcat de Jérusalem. S’embarquant dans la guerre en Syrie, il essaie d’asservir le Patriarcat d’Antioche. Accompagnant la division Wagner en Afrique, il s’efforce de torpiller le Patriarcat d’Alexandrie. Et lorsqu’en 2019 le patriarche oecuménique Bartholomeos, primat de l’orthodoxie, accorde prophétiquement à l’Ukraine le statut d’Église indépendante, Kirill le déclare « apostat » et entre en schisme.

L’unité orthodoxe est une vaste plaisanterie. On dénombre aujourd’hui seize Églises autocéphales canoniques et dix-neuf Églises orthodoxes autonomes . Il existe aussi des Églises orthodoxes indépendantes dites « non canoniques ». Sept des Églises autocéphales canoniques se réclament d’une fondation par un apôtre ou un évangéliste :

L’autonomie de certaines Églises n’est pas unanimement reconnue :