Grand messe du handball à la cathédrale de Metz : c’est Ballot, Monseigneur !

Dans l’affaire de la grand messe du handball commise à la cathédrale de Metz le 5 septembre dernier, le lendemain de l’installation du nouvel évêque Mgr Ballot, le diocèse et le chanoine Thiry surtout – chef de file des chanoines et ex-vicaire général – ont fait à peu près tout ce qui ne fallait pas faire, et se sont enferrés à justifier l’injustifiable. Résultat : une forte bronca des Messins sur les réseaux sociaux et auprès des services de l’évêché concordataire.

Rappelons les faits : après la grand messe du handball et le défilé des sportives à moitié nues auprès de l’autel – on peine à imaginer cela dans le lieu de culte d’une autre religion, les autorités civiles et surtout le diocèse célèbrent l’événement dans une autosatisfaction qui tranche avec la colère des messins sur les réseaux sociaux et une prière de réparation est décidée par des fidèles.

Plutôt que de tenter d’expliquer l’événement et éviter la cassure avec les fidèles, Mgr Ballot, le nouvel évêque, se mure dans le silence – selon nos informations, à ce jour, sa seule réaction serait d’avoir intimé l’ordre, via un des desservants de la paroisse tridentine de Metz, d’interdire aux fidèles de se rendre à la prière de réparation .

Prière qui a effectivement lieu, et dans la cathédrale. Plutôt que de laisser faire, le chanoine Thiry exige d’abord qu’on n’entende pas les fidèles en train de prier puis fait donner la police pour évacuer physiquement les fidèles qui prient sur les marches du choeur. D’abord, il affirme que les étendards sont politiques – mais ils sont religieux – est-ce l’étendard de saint Michel qui a mis le chanoine Thiry en colère ?

Puis il affirme qu’il est interdit de stationner sur les accès de secours – le chanoine n’a certainement jamais eu connaissance du texte auquel il fait référence, l’arrêté du 25 juin 1980 , qui interdit effectivement d’encombrer les accès secours avec des mobiliers ou des aménagements permanents, mais pas d’y stationner. Avis aux paroisses, nombreuses, qui amoncèlent des chaises, bancs et prie-Dieu, quand ce ne sont pas des confessionnaux servant d’armoires, aux abords des sorties latérales et autres fonds de transepts.

Pas de chance pour le chanoine Thiry et Monseigneur, l’intervention de la police est filmée et photographiée – au point que la presse locale, absente, doit reprendre faute de mieux ces mêmes photos, sans en citer l’auteur d’ailleurs (Néo Salva). L’une des trois personnes évacuées est la cheffe de file locale de Civitas, Cassandre Fristot. Par ailleurs, l’intervention de police a eu lieu devant de nombreuses personnes extérieures – la cathédrale était ouverte pour ce samedi des Journées du Patrimoine et d e nombreux messins ont pu voir le chanoine Thiry faire chasser par la police des fidèles en prière, tandis qu’une bénévole du diocèse qui l’accompagnait a souhaité aux priants « d’aller en enfer « .

En fin de compte, plutôt que de tenter de résorber le problème, le diocèse – presque une administration dans ce territoire concordataire -s’est appuyé sur une autre institution, la presse locale, pour tenter de diaboliser les fidèles qui ont prié pour faire acte de réparation publique – ce sont des affreux « intégristes » qui voulaient « exorciser la cathédrale » , l’intervention de la police est légitime, circulez il n’y a rien à voir.

Mais quelques mots au début de l’article – « l’évènement secoue la sphère catholique » – vendent la mèche. Le diocèse, balloté par les événements et les réactions négatives des fidèles messins, continue de refuser l’évidence : une cathédrale est un lieu sacré, pas un palais des congrès, pas une salle de sport, pas une maison de mode, pas une préfecture .

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