La synodalité contre la collégialité et l’épiscopat ? Quand l’Amazonie enterre Vatican II…

Non, vous ne rêvez pas: une structure ecclésiale amazonienne qui aurait dû être canoniquement la conférence épiscopale d’Amazonie s’appelle juste « Conférence ecclésiale de l’Amazonie » . Plus de référence à « épiscopale » ou même à l’épiscopat… Les statuts avaient été soumis à Rome à la fin du mois d’octobre 2021, mais, visiblement, ils ont été approuvés par le Pape François, si l’on en croit un article publié dans America , une publication jésuite des Etats-Unis (une publication favorable à Biden et hostile à la « cohérence eucharistique » rappelée récemment par les évêques américains aux responsables publics qui communient en état de péché mortel…).

Depuis que le Synode des évêques n’est plus appelé comme tel, on ne peut qu’être inquiet de la dilution d’une autorité qui tire pourtant son origine de la sacramentalité de l’épiscopat. Et ce au rebours de Vatican II qui enseignait justement que « la consécration épiscopale, en même temps que la charge de sanctification, confère aussi les charges d’enseigner et de gouverner, lesquelles cependant, de par leur nature, ne peuvent s’exercer que dans la communion hiérarchique avec le chef du collège et ses membres » (Lumen Gentium, n. 21).

Mais le cardinal péruvien Pedro Barreto Jimeno, SJ, qui estime que « nous sommes en train de vivre un cairos » , rêve d’étendre cette démarche à toute l’Eglise. Même s’il critique le CELAM, qui serait, à ses yeux, trop centré sur les évêques. On peut être sûr d’une chose: des évêques dans le monde n’accepteront pas d’être dilués – non plus par leurs pairs – mais dans des organismes fourre-tout. Et si l’Amazonie accouchait, sans jeu de mots, d’un chapeau à plumes ?