Soutane interdite : quand Mgr de Kerimel s’inspire d’un maire laïcard en 1901
En interdisant la soutane à ses séminaristes – une initiative qui interroge même La Vie , le « progressiste » et lunaire Mgr de Kerimel opère en réalité un retour en arrière fulgurant… jusqu’en 1901.
Alors, un « bouffeur de curés » et blanquiste notoire, le maire du Kremlin-Bicêtre, prend un arrêté aussi insultant qu’en réalité inutile, chargeant ses gardes-champêtres de dresser procès verbal à tous les curés qu’ils rencontrent en habit; la justice de paix de Villejuif, compétente, casse ensuite toutes ces contraventions et l’arrêté finit par être rapidement annulé pour vice de forme.
Dans son arrêté , Eugène Thomas, le maire du Kremlin-Bicêtre, affirme carrément : « Considérant que si le costume spécial dont s’affublent les religieux peut favoriser une certaine partie de la société, il les rend ridicules aux yeux de tous les hommes raisonnables et que l’Etat ne doit pas tolérer qu’une catégorie de fonctionnaires serve à amuser les passants « .
« Eugène Thomas prône l’action directe « , souligne , dans les colonnes du Parisien , le 25 août 2000, l’historienne Madeleine Leveau Fernandez. « Le jusqu’au-boutisme ». Du coup, il n’était pas rare d’assister à des scènes de rue qui ne manquaient pas de sel : les gardes- champêtres étant tenus de verbaliser tout curé, croisé sur leur route. Heureusement pour la population ecclésiastique, ces situations cocasses durèrent peu de temps.
« L’arrêté fut annulé pour vice de forme, rapporte Madeleine Leveau-Fernandez. La justice de paix de Villejuif, devant qui étaient portées les affaires, acquittait les contrevenants. » Eugène Thomas ne fit, par la suite, plus de vague « , préférant rester dans les mémoires comme un maire bâtisseur qui dota sa commune d’écoles, de bains-douches, du tout-à l’égout et de dispensaires. L’histoire ne nous dit pas s’il a laissé aussi une pissotière, comme à Clochemerle.

