#SortonsLesPoubelles : des rassemblements pour forcer les évêques à agir après l’affaire Santier
La colère monte au sein des fidèles après la révélation de l’affaire Santier et de ses corollaires ( cinq nouveaux signalements , prêtre issu de la communauté qu’il a fondé deux fois condamné pour abus qu’il a recasé , hétérodoxie et proximité avec un imam déchu de sa nationalité française pour prêches radicaux, concomitance d’une nouvelle affaire d’abus cachée dans le diocèse de Versailles…)
Le collectif Agir pour notre église accompagne « la grande colère qui monte » dans les paroisses après la révélation vendredi 14 octobre 2022 d’une nouvelle affaire de mœurs touchant l’ancien évêque de Luçon et Créteil passé par la Manche, Mgr Michel Santier. Ce samedi et dimanche, ces catholiques appellent des rassemblements pour faire pression sur les évêques qui se réunissent du 3 au 8 novembre à Lourdes.
« Nous sommes des catholiques laïcs de moins de 70 ans qui nous intéressons à ces questions », résume dans Ouest France Jean-Joseph, l’un d’eux qui préfère ne donner que son prénom. Le collectif milite « pour que l’Église devienne une maison sûre pour nos enfants ». Aujourd’hui, « on a perdu confiance », confie ce militant.
Force est de constater, comme l’a fait Paix liturgique , qu’un an après le rapport de la Ciase, rien n’a été fait ou si peu – et que dans bien des diocèses ce sont les lanceurs d’alerte au sein du clergé ou des laïcs qui sont réduits au silence ou à quitter leurs fonctions .
A ce jour, six manifestations sont prévues samedi ou dimanche à Paris, Autun, Lyon, Nanterre, Angers ou encore Créteil. Ailleurs, les fidèles sont appelés à se rassembler devant leur évêché ce dimanche, 15 heures.
Le collectif demande la mise en place de quatre mesures concrètes et immédiates :
« nous demandons de la part de chaque évêque et de chaque supérieur de congrégation de France des engagements concrets :
- tout signalement remonté à l’évêché sera transmis sans délai au procureur de la République ;
- toute ouverture d’enquête ou ancienne condamnation sera annoncée au conseil paroissial du clerc mis en cause, de même qu’à celui de toutes ses anciennes et futures affectations ;
- tout clerc condamné pour abus sexuel sera suspendu de tout ministère ;
- tout évêque qui manquera à ces obligations présentera immédiatement sa démission au Pape »
Le 1. est censé être le cas depuis la session plénière de la CEF à l’automne dernier et la signature par tous les diocèses de conventions thématiques avec les parquets territorialement compétents – mais force est de constater là encore que dans bien des endroits l’omerta a la vie dure…et les retards dans l’instruction des affaires ou la transmission des signalements, au motif par exemple de l’absence de plainte au pénal ou de négociations en cours avec les proches des victimes, aussi.
Rien d’étonnant que le « peuple de Dieu » dont les évêques aiment tant parler mais qu’ils préfèrent ne pas entendre, surtout quand ils décident à sa place et dans son dos, à huis clos , perde patience .
