Tarbes et Lourdes : la transparence en trompe l’oeil de Mgr Micas

Suite à l’Assemblée plénière de la conférence des évêques de France à Lourdes, Mgr Micas s’est lui aussi fendu d’une lettre où il dit son « désarroi « , son « immense peine » et sa « honte » au sujet des abus sexuels du clergé et des évêques.

Néanmoins, bien qu’il invite les fidèles à faire part des situations répréhensibles dans son diocèse – qui n’en est pas dépourvu, tant sur le plan canonique que civil – cette transparence a des limites et n’est pas vraiment suivie d’effets.

Et pourtant, Mgr Micas bat sa coulpe : « Le programme de travail de l’Assemblée a été totalement percuté par “l’Affaire Santier”, dès le premier jour et les jours suivants. Puis, plus tard, nous est arrivé le communiqué du cardinal Ricard [ qui apparaît comme une confession spontanée alors qu’il ne l’est pas du tout, passons ]. Enfin, lundi il y a eu la conférence de presse du Président de la Conférence épiscopale évoquant le fait qu’un certain nombre d’évêques (tous émérites) seraient l’objet, à un degré ou un autre, de démarches civiles ou canoniques (soit pour des actes commis par eux, soit pour leur mauvaise gestion de situations impliquant des prêtres abuseurs) .

Tout cela suscite incompréhension, choc, colère, voire nausée… Notre commune foi en l’Eglise telle que professée dans le Credo est touchée. Comment pouvoir maintenir sa confiance ? Tel évêque est-il aussi fiable qu’il en a l’air ? Tel curé qui change de statut ou de mission, le fait-il vraiment pour les raisons que l’on nous donne ? Qui croire : l’évêque ? la rumeur ? La personne concernée le cas échéant ? J’ai totalement et vivement conscience de votre souffrance : croyez-moi, je la partage ! Elle nous détourne de ce qui devrait nous mobiliser tous : la joie de témoigner de l’Évangile qui est un trésor « .

Et d’appeler les fidèles à lui signaler les situations problématiques : « un dernier mot pour renouveler l’invitation adressée à toute personne qui aurait connaissance de faits ou situations répréhensibles mettant en cause des prêtres, des religieux, des religieuses, des laïcs en mission ou autres, à ne pas hésiter à les signaler, soit auprès de moi ou du Vicaire général, soit auprès de la Cellule d’Ecoute du diocèse, soit auprès de France Victimes, soit auprès du Procureur de la République.

La plus grande attention est accordée à chaque démarche, tant sur le plan civil qu’au plan canonique, à la fois dans le respect des victimes (souci numéro un), de la présomption d’innocence des personnes mises en cause (comme prévu par la loi), et de la proportionnalité la plus juste possible entre faute commise et peine décidée le cas échéant « .

Un fossé entre les écrits et les actions – ou leur absence

Cependant Mgr Micas qui affiche de belles intentions ne les a pas vraiment traduites, jusqu’ici, en actes. Ainsi, il a nommé en septembre dans les montagnes un prêtre qui n’a pas hésité à envoyer une photo de lui-même, entièrement nu, sur un site de rencontre homosexuel – il n’y a même pas de feuille de vigne. Et il est bien reconnaissable, d’autant que cette photo a fait le tour du diocèse.

Plus grave – bien que l’enquête canonique lancée suite à des abus sexuels d’une rare gravité sur un prêtre qui exerce dans le diocèse, mais est incardiné à Djibouti, s’est achevée par un décret d’excommunication, qui selon nos informations a été communiqué au prêtre en question, le diocèse de Tarbes Lourdes tarde à le publier sur son site – afin que les victimes, mais aussi les personnes auprès desquelles, parfois à l’autre bout de la France, il sollicite messes ou secours financiers, sachent qu’il ne peut plus se prévaloir de sa qualité d’ecclésiastique.

Màj 16/11 20h : l’existence de ce décret d’excommunication a été confirmée à un de nos confrères par l’évêque actuel, Mgr Micas, son prédécesseur Mgr Brouwet, et le vicaire général Pierre Jamet.

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