Crise du denier : une baisse de 12% dans le diocèse de Bordeaux ?
La Croix du 13 décembre dernier revenait dans son édition sur les raisons qui poussent certains donateurs du denier du culte à suspendre leurs versements aux diocèses… ou à les réorienter vers d’autres oeuvres religieuses. La veille, une tribune de Mgr Moutel, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier, abordait déjà le problème .
L’Eglise avait pourtant pour objectif d’augmenter la collecte « de 20% de plus par rapport à 2021. Un défi à la hauteur de sa vertigineuse facture énergétique, qui pour les années 2022 et 2023 cumulées gonfle de 125 millions d’euros (+15%) « . Les fidèles diocésains étant plutôt âgés, pas question d’arrêter de chauffer les églises et de chanter un peu plus ( et mieux ) – comme le font pourtant bien des paroisses traditionnelles, il est vrai, plus jeunes.
Si la voix officieuse de la CEF tend à rassurer, l’inquiétude pointe : « selon de premières prévisions divulguées par l’épiscopat, les fidèles seront au rendez-vous du denier […] « les fidèles peuvent être dans la désolation, mais ils ne coupent pas les vivres à leur Eglise », assure Ambroise Laurent, secrétaire adjoint de la CEF en charge des questions économiques [ ex-banquier à la BNP , associé-gérant depuis 2012 de la société de conseil en affaires économiques ASKAL] Les premiers signaux pour 2022 ne laissent pas deviner de baisse sensible. Prudence toutefois, car en matière de dons la fin d’année est décisive – les mois de novembre et décembre concentrent la moitié des dons « .
La fin de l’article insiste sur cette inquiétude : « localement, les diocèses ébranlés par les affaires peuvent toutefois en subir les conséquences. L’Eglise de Bordeaux, secouée par la mise en cause de son évêque émérite le cardinal Ricard, accuse à ce stade une baisse de 12% du nombre de donateurs, mais là encore la situation n’est pas jugée catastrophique, car le rattrapage se fera sans doute en décembre « .
Il serait intéressant de connaître les éventuelles répercussions dans les diocèses d’Albi , Cayenne , Nantes , Gap , Strasbourg , Blois , Rennes , Nice , Versailles , Coutances et Créteil , Paris …même si la baisse annuelle du nombre de donateurs – leur âge moyen dépasse désormais les 72 ans – est à prendre en compte.

