Vatican II : un schisme à front renversé
Les veilleurs qui se manifestent, tous les jours en semaine, devant l’archevêché à Paris, pour la liberté de la messe traditionnelle, communiquent :
« Un récent article de Sarah Belouezzane, dans Le Monde, du 2 mars dernier, « Vatican II, concile historique de l’Eglise en ligne de mire », contenait cette intéressante constatation : « Soixante ans après son ouverture, et alors qu’il était considéré comme accepté par tous, à l’exception d’une frange d’ultras, Vatican II est aujourd’hui la cible de nombreuses critiques. Un feu nourri venu d’abord des milieux qui l’avaient rejeté dès le départ, mais aussi de catholiques conservateurs plus classiques, ainsi que de personnalités prisées à la droite de la droite, comme le philosophe Michel Onfray, pourtant athée revendiqué, mais obsédé par une conception catholique de la France qui ne cesse de fustiger le concile. Selon eux, si la place de l’Église catholique – associée à une certaine identité française – s’amenuise, si la pratique régresse et si les vocations de prêtres s’effondrent, c’est à cause de ce concile qui avait pour but d’adapter la manière d’annoncer le message catholique à un monde en pleine mutation. Beaucoup de critiques souhaitent que la liturgie revienne à sa forme préconciliaire ».
Mais les autorités ecclésiastiques restent sourdes. Au mieux, elles constatent que les jeunes sont attirés par la liturgie qu’elles veulent éliminer, mais n’en tirent pour l’instant aucune conséquence. Paris est un bon exemple de l’énorme difficulté qu’ont nos pasteurs à vraiment prendre en compte deux points :
– Ce qui a eu lieu il y a soixante ans, Concile puis liturgie de Paul VI, a provoqué une fracture tout à fait étrange dans l’histoire de l’Église : ce n’est pas un schisme, mais le contraire d’un schisme, c’est-à-dire que ce sont ceux qui sont « aux commandes » qui se perçoivent eux-mêmes, bon gré mal gré, en situation de hiatus par rapport à la grande tradition ecclésiastique. Cela leur est rappelé constamment par un fait massif, irréductible : la vie qui demeure dans l’organisme chrétien est désormais aux marges , dans des communautés de sensibilités diverses, parmi lesquelles domine la galaxie traditionnelle, dont les membres de la première, deuxième, troisième et bientôt quatrième génération, affirment tranquillement qu’ils continueront, comme ils le font depuis un demi-siècle à célébrer, prier, catéchiser, engendrer des vocations comme avant.
– En outre, compte tenu de la déperdition constante de la vie diocésaine et paroissiale ordinaire en quantité de pratiquants et en intensité de foi (s’il y a un noyau de pratiquants plutôt conservateur qui demeure, chez les paroissiens moyens, les éléments de croyance les plus basiques sont de moins en moins partagés ), le « grignotage » non moins constant par monde traditionnel fait que son poids est proportionnel de plus en plus lourd proportionnellement. À Paris, les chiffres réels de la pratique traditionnelle, FSSPX comprise, sont de plus de 5000 personnes tous les dimanches, sans compter du nombre de fidèles qui, selon les sondages aux résultats répétitifs de Paix liturgique qui assisteraient volontiers à la messe tridentine si elle était célébrée dans leur paroisse (dont ont au minimum valeur d’un vote de protestation).
Un bon nombre de prêtres diocésains sentent cela profondément. Si l’archevêque de Paris interrogeait ses prêtres à bulletin secret sur leur désir de pouvoir, au moins parfois, célébrer la messe traditionnelle, et ses séminaristes sur leur désir de pouvoir, au moins parfois, y assister, il tomberait de sa cathèdre.
Aussi continuons-nous à demander sans relâche la liberté de la liturgie romaine traditionnelle, tant pour les fidèles que pour les prêtres. C’est le sens de nos chapelets dans l’église Saint-Georges de La Villette, le mercredi à 17h, devant Notre-Dame du Travail, tous les dimanches à 18h15, e devant les bureaux de l’archevêché, 10 rue du Cloître-Notre-Dame, du lundi au vendredi, de 13h à 13h 30.
