Traditionis Custodes, un texte dont personne ne veut
Après la chronique de l’échec de Traditionis Custodes, deux ans après le motu proprio adopté en juillet 2021 résultant de la volonté d’un certain nombre de proches du Pape François de l’instrumentaliser pour rayer de la carte la messe traditionnelle et ses fidèles, les fidèles parisiens dont Mgr Aupetit a supprimé les messes traditionnelles – à Notre-Dame du Travail et Saint-Georges de la Villette notamment, enfoncent le clou avec quelques remarques concrètes :
« Ainsi, le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, créé cardinal l’an passé, réputé grand ami du pape et auquel avait été offert le siège de Paris qu’il a refusé pour rester à Marseille où se trouvent ses vieux parents, a-t-il célébré, à deux reprises, une messe pontificale dans le rite tridentin, dans l’église saint Charles, desservie par les Missionnaires de la Miséricorde divine, le 9 janvier 2022 et le 2 juillet 2023 , il y a trois semaines.
Quant à Mgr François-Xavier Bustillo, évêque d’Ajaccio, qui sera cardinal le 30 septembre prochain, il a les meilleurs rapports avec l’abbé Hervé Mercury, autrefois membre de la FSSPX, et qu’il laisse desservir sans problème, comme avant le motu proprio Traditionis custodes, la chapelle Notre-Dame de Lorette à Ajaccio, qui a tous les aspects d’une paroisse personnelle informelle. Les avis sont partagés sur ce nouveau cardinal, qui fut franciscain conventuel en Italie et exerça son sacerdoce dans le diocèse français de Tarbes et Lourdes avant d’être nommé à Ajaccio, mais qu’on dit relativement classique. Il s’était fait connaître, juste avant son élévation à l’épiscopat par un livre qui a décidé de son avenir : La vocation du prêtre face aux crises (Nouvelle Cité, 2021). Il s’agit de la publication des conférences d’une retraite qu’il avait prêchée avant une ordination sacerdotale. Il y explique que la mission du prêtre n’est pas de réussir à sauver le monde par des tactiques et des stratégies missionnaires, mais de vivre sa vocation « avec passion », cette « vocation formidable » étant un signe dans un monde en quête de repères. Il avait offert son livre au pape (d’origine espagnole, il lui parle en cette langue), livre qui avait tellement plu au pape qu’il l’a fait traduire et distribuer à tous les prêtres de Rome. Ajoutons qu’il n’avait pas seulement plu au pape mais que nous en avions fait une mention élogieuse !
J’ajoute que, parmi les proches du pape, le cardinal Matteo Zuppi, archevêque de Bologne, Président de la Conférence épiscopale italienne, ne paraît pas non plus un adepte forcené de Traditionis custodes. Il avait volontiers accepté, en octobre 2022 d’ouvrir le pèlerinage Summorum Pontificum , en présidant des vêpres pontificales au Panthéon. Le même cardinal étant réputé avoir donné l’exemple aux évêques d’Italie en disant qu’il n’y avait à Bologne aucun problème avec la messe traditionnelle, qu’il avait laissée célébrer comme auparavant.
Tout n’est pas aussi aisé dans beaucoup de diocèses français, notamment à Paris, même si Mgr Ulrich donne de discrets signes d’accommodement, entre autres la mission confiée à un prêtre de la FSSP à Notre-Dame du Lys. Il n’empêche que la suppression de deux messes dominicales à Notre-Dame du Travail et à Saint-Georges de La Vilette, et d’une série de messes de semaine, dont la messe des jeunes à Saint-François-Xavier, par Mgr Aupetit a été maintenue par son successeur.
La dernière Lettre de Paix liturgique fait cette remarque qu’il est très important de souligner sur le rôle que les laïcs jouent et vont jouer dans cette affaire, comme ils le font depuis la promulgation de la nouvelle messe : « Le paradoxe est que c’est Vatican II qui a déclaré que les laïcs étaient le moteur de l’Église. Eh bien oui, ils le sont, mais pas comme l’auraient voulu les Pères les plus progressistes de Vatican II, qui pensaient aux laïcs d’action catholique, engagés, cléricalisés. Ils avaient la conviction que ces laïcs deviendraient le fer de lance des nouveautés et des innovations les plus folles, alors qu’ils craignaient qu’une bonne partie des clercs ne soient plus difficiles à manipuler. Or, c’est tout autre chose qui s’est produit : les clercs, très marqués par un conformisme de corps, détachés des réalités, ont majoritairement foncé dans le brouillard des nouveautés ; quant aux laïcs « engagés », ils ont peu à peu disparu dans la nature ; sont restés ceux qui ont continué à aller à la messe le dimanche et qui se sont montrés de prudents pères et mères de familles [ces laïcs qui ont lutté pour transmettre la foi à leurs enfants par le catéchisme et par la messe]. »
Nous sommes de ces laïcs, nous qui récitons les chapelet parisiens pour la liberté de la messe traditionnelle, les chapelets des mercredis, à 17h à Saint-Georges de La Villette et tous les jours ouvrés, de lundi à vendredi, en face des bureaux de l’administration diocésaine, 10 rue du Cloître-Notre-Dame, de 13h à 13h 30, où tous les membres de l’administration diocésaine commencent à bien nous connaître ».
