Diocèse de Nantes : la villa Nelly vendue à Saint-Nazaire

Nichée dans le quartier de Porcé entre Saint-Nazaire et Pornichet, la villa Nelly, un ancien centre aéré qui appartenait au diocèse de Nantes, a été mise en vente début 2023 pour financer des travaux sur le patrimoine cultuel diocésain dans la ville et vendue 1.5 millions d’euros à l’été 2023 – une somme qui peut paraître modeste pour une propriété de près de 3 hectares vue sur mer . Mais à peine vendue, la villa a été revendue à la découpe par l’acquéreur. De plus, des locataires précaires sont priés de quitter le site où ils sont hébergés depuis des années, mais n’ont pour la plupart nulle part où aller.

« Niché dans le quartier de Porcé, le site de la Villa Nelly a une longue histoire avec les habitants de Saint-Nazaire . Ancien centre aéré, la propriété accueille depuis une quarantaine d’années mariages et réceptions, est louée aux associations, reçoit des colonies, des scolaires. « Le tout à prix modique, juste de quoi financer les travaux d’entretien », présente Michel Le Brun, président de l’Ogasc, association à but non lucrative chargée de la gestion de la propriété depuis 1983, et qui y a mené d’importants travaux de rénovation.

Cette histoire se termine. Le propriétaire des lieux, le diocèse de Nantes, a mis en vente la Villa Nelly en début d’année 2023. Et s’est mis d’accord en juillet 2023 avec un marchand de biens originaire de Saint-Nazaire pour une transaction à 1, 5 M€ . La raison ? « Un besoin d’argent pour financer des travaux sur les bâtiments cultuels de Saint-Nazaire (1). Nous avons par exemple reçu un devis d’1 million d’euro pour la rénovation de l’église Sainte-Anne », indique à l’Echo de la Presqu’île Nicolas Perenchio, économe de l’évêché de Nantes ».

Cependant, comme le relève l’Echo de la Presqu’île, « le processus d’acquisition à peine entamé, la Villa Nelly était déjà remise sur le marché, à la découpe. Deux annonces ont ainsi été publiées au cours du mois d’août 2023. L’une portant sur la maison avec « une grande parcelle arborée d’environ 4 700 m 2 et son accès privé sur le chemin côtier ». Mise à prix : 1, 248 million d’euros. Une autre pour un « magnifique terrain constructible et non divisible d’environ 11 800 m 2 » pour 1, 04 million « .

Les pauvres chassés pour remplir les caisses du diocèse de Nantes ?

La situation se complique : la mairie de Saint-Nazaire a fait valoir son intention de préempter, et en plus la propriété diocésaine avait « 6 ou 7 locataires » – on constatera l’imprécision – récurrente dans la gestion du diocèse – priés de décamper fin septembre, mais qui n’ont pour la plupart nulle part où aller : « « nous sommes 6 ou 7. On nous a fait savoir il y a quelques mois que nous devions être partis pour fin septembre. Mais pour aller où ? Nous n’avons pas de proposition de relogement », témoigne l’un d’eux qui vit ici depuis « une dizaine d’années ». Certains vont se retrouver à la rue ou à dormir dans leur voiture », s’inquiète Michel Le Brun, qui avait pris l’initiative de ces baux précaires. Il regrette l’insistance du diocèse, lequel ne voit pas les choses ainsi ».