Diocèse de Bordeaux : moitié moins de prêtres en 30 ans

Face à la chute conséquente du nombre de prêtres – 47% en moins en trois décennies, le diocèse de Bordeaux va se réorganiser et réduire le nombre de ses paroisses.

Le Figaro explique la dynamique, que connaissent bien d’autres diocèses de France : « la démarche entamée par le prédécesseur de M gr James, il y a 30 ans, sera achevée lors de la fête de la Saint André, le 30 novembre. Après avoir rassemblé, dès 1993, les 540 paroisses historiques du diocèse de Bordeaux en 62 secteurs paroissiaux, l’évêque entérine ce redécoupage en créant 57 paroisses nouvelles. Et pour cause : en trois décennies, le nombre de prêtres exerçant un ministère dans le diocèse de Bordeaux a chuté de 47%.

Comme dans d’autres endroits, le diocèse veut compenser le manque de prêtres en impliquant les laïcs via des EAP, « solution » qui bien souvent ne fait que repousser le déclin, lesdites EAP transformées en « soviets de paroisses » peinent à se renouveler, voire s’opposent frontalement aux prêtres qui finissent en burn-out.

Alors que Rome recensait 408 prêtres dont 334 en exercice dans le diocèse en 1995, il n’y en avait déjà plus que 229 au 1 er octobre 2022 pour animer 610 clochers. Seuls 157 d’entre eux, âgés de moins de 75 ans, disposent d’une charge dans le diocèse . Un chiffre auquel il faut ajouter les 34 prêtres arrivés en renfort et devenus indispensables, originaires pour la plupart d’un diocèse africain.

« Cette réorganisation est la conséquence d’une diminution de nos moyens et de nos forces, qui a conduit à une volonté d’alléger les structures. Le fait qu’il y ait moins de prêtres ne peut pas reposer que sur ceux qui sont là et qui ne peuvent en porter tout le poids… Il faut donc que des personnes laïques en prennent la charge », admet M gr James. Et pour impliquer les fidèles dans les églises, l’évêque de Bordeaux a appelé les curés à se doter d’une équipe d’animation pastorale (EAP) d’ici le 30 novembre.

Les nouvelles paroisses – 57 au lieu de 62 – auront leur messe dominicale à heure fixe dans une église, toujours la même. « Dans chaque paroisse nouvelle, la messe dominicale sera désormais systématiquement dite dans la même église et à heure fixe. Une décision qui n’implique pas pour autant la fermeture des chapelles communales qui n’auront pas été choisies. Des messes de semaine, du samedi soir et certains sacrements y seront encore célébrés « . Ce qui implique néanmoins le fait que la messe dominicale va déserter encore plus les villages et s’éloigner des habitants de la Gironde…

Le diocèse de Bordeaux précise cependant que trois jeunes sont en propédeutique et qu’une vingtaine suivent un parcours pour réfléchir à leur vocation.

Et dire que le chanoine Boulard, dans la Nouvelle revue théologique en 1950, classait le diocèse de Bordeaux parmi ceux en crise car 45% de ses prêtres étaient sexagénaires ou plus âgés et qu’il y avait alors 5.6 prêtres pour 1000 habitants. La Gironde compte actuellement 1.62 million d’habitants – il y a donc actuellement à Bordeaux un prêtre de moins de 75 ans pour un peu plus de 10.000 habitants.