Le catholicisme disparaît de l’espace public en Occident
Lu dans le bulletin des Veilleurs de Paris, qui continuent à prier le chapelet devant les locaux de l’archevêché de Paris pour le rétablissement des messes traditionnelles indûment supprimées par Mgr Aupetit et non rétablies à ce jour. Ils s’intéressent à l’effondrement du catholicisme en Occident, et notamment à la fermeture de centaines d’églises en Allemagne :
« Le catholicisme disparaît de l’espace public en Occident. Et ce qui en reste n’est, pour le dire faiblement, plus très catholique, comme le montrent les Lettres successives de Paix liturgique sur tel ou tel évêque caractéristique en Allemagne, en Autriche, en Suisse, en Belgique. La tendance à la disparition du catholicisme s’accélérant considérablement depuis les années Covid, pire que la Grand Peste, comme chacun sait, ce qui est peut-être vrai pour la pratique dominicale.
En vingt-cinq ans, en Angleterre et Pays de Galles, le nombre d’ordinations sacerdotales est passé de 110 par an en 1996-1997 (comme en France et même un peu plus, alors que la catholicisme est minoritaire Outre-Manche) à 18 en 2023, soit une baisse de 83% ( Ordinations en Angleterre et Pays de Galles. Riposte catholiqu e).
En moins de vingt ans, en Allemagne, où le catholicisme fut si vigoureux après la dernière guerre et jusqu’au Concile, le secrétariat de la Conférence épiscopale vient de révéler que de 2005 à 2024, 650 églises catholiques à travers le pays ont cessé d’être utilisées pour le culte. En moyenne, 28 églises sont fermées chaque année en Allemagne depuis 2019. Les bâtiments ecclésiastiques sont démolis pour faire place à des maisons de retraite, ou transformés en galeries, pubs ou… en salons funéraires.
En cinq ans, en Belgique, de 2017 à 2022, le nombre de prêtres diocésains est passé de 2.774 à 1.859, autrement dit a chuté de 33%. La pratique dominicale, dans le même temps, est passée de 286.393 fidèles à 172.968, soit une baisse de 40%. En cinq ans !
Etc., etc.
Restons, si vous le voulez, sur le phénomène des fermetures d’églises en Allemagne. On ne le connaît pas en France à ce degré, parce que, depuis la Séparation de l’ Église et de l’État, 80 % les églises paroissiales sont propriétés des communes, seules les autres, construites après 1905, étant propriété de l’Église par l’intermédiaire des associations diocésaines (les cathédrales sont en majorité propriété de l’État, et en moins grand nombre des communes). Ces églises sont légalement affectées au culte catholique (l’« affectataire » étant le clergé et les fidèles), c’est-à-dire au culte célébré par le curé « affectataire » nommé par l’évêque. Les procédures de désaffectation administrative, en cas de non-usage pendant six mois consécutifs, sont rares. Lorsqu’elles surviennent, elles sont généralement le fait d’un accord entre l’évêque et la communauté territoriale de droit public concernée.
Il n’empêche que d’innombrables églises de France, y compris dans des gros bourgs, sont désormais inutilisées , sauf pour les enterrements célébrés la plupart du temps par des laïcs. C’est une véritable phénomène civilisationnel d’une grande tristesse auquel nous avons assisté : les cloches de la messe (qui, lorsque j’étais enfant, sonnaient à la volée, à trois reprises, avant la grand-messe du dimanche) ont cessé de carillonner.
Or, c’est un oubli des très lugubres statistiques qui énumèrent la baisse du nombre des prêtres en France, la baisse des vocations, la baisse du nombre des séminaristes, des ordinations, des paroissiens du dimanche : elles ne mentionnent pas la baisse du nombre de messes. Dans combien de paroisses de France, chaque année, chaque mois, telles messes, dans tels villages ou telles villes, ont cessé d’être célébrées faute de prêtres ? Je ne crois pas exagérer en disant que chaque dimanche qui passe, une dizaine d’églises en France cessent d’avoir une célébration hebdomadaire.
Et pendant ce temps… Et pendant ce temps, les évêques de France cantonnent le culte traditionnel qui continue à remplir les églises à quelques lieux déterminés, concédés parcimonieusement, et même réduits si possible depuis Traditionis custodes. Et pendant ce temps, dans les maisons des communautés ex-Ecclesia Dei, les jeunes prêtres ordonnés sont en trop grand nombre parce que les évêques se refusent à laisser ouvrir de nouveaux apostolats ou s’emploient à supprimer ceux qui existent dès qu’ils le peuvent ceux existant.
À Paris, Paris, le principal objet de mon ressentiment, l’archevêque d’hier suivi par l’archevêque d’aujourd’hui, a rayé de la carte six lieux de culte traditionnel ! Paris, où la baisse des prêtres commence à être visible par la réduction du nombre des vicaires de paroisse, où le nombre des rentrées au séminaire se rétrécit, ce qui a conduit à supprimer une maison d’accueil des séminaristes, lesquels doivent être bientôt regroupés avec les séminaristes d’Issy-les-Moulineaux, d’où les avait retirés avec fracas le cardinal Lustiger, ou avec les séminaristes des Carmes près l’Institut catholique de Paris (ce qui les retirera dans les deux cas de l’enseignement de la lustigérienne École cathédrale).
C’est pourquoi la pieuse protestation de nos « veilles » – avec quelques autres protestations, comme celles qui ont visé la venue du cardinal Roche qui pourraient se multiplier – continue par nos chapelets devant les bureaux de l’archevêché, 10 rue du Cloître-Notre-Dame, du lundi au vendredi, de 13h à 13h 30, à Saint-Georges de La Villette, le mercredi à 17h, et devant Notre-Dame du Travail, le dimanche à 18h ».
