L’appel à la prière musulmane bientôt dans les cathédrales de Coutances et Bordeaux ? [MAJ]
Quousque tandem … combien de temps encore sous prétexte de « messes pour la paix « , de « culture » et autres initiatives d’ouverture, les églises de France subiront-elles des profanations ? La « messe pour la Paix » de Karl Jenkins va être donnée en concert dans la cathédrale de Coutances, dans la Manche, le dimanche 26 mai 2024, et à la cathédrale de Bordeaux le samedi 1er juin 2024 à 19h et le dimanche 2 juin à 16h . Dans cette oeuvre d’une heure 20 minutes résonne l’appel à la prière musulmane, l’Adhan – ce qui constitue indéniablement une profanation d’une église catholique. Cependant nous avons reçu de la chorale qui va se produire à la cathédrale Bordeaux l’assurance, officielle, que l’appel à la prière musulmane ne sera pas chanté lors de leurs deux représentations.
En l’occurrence, trois concerts sont prévus dans les lieux suivants :
- le 26 mai dans la cathédrale de Coutances (Manche) à 19h ; l’annonce de l’office de tourisme indique en toutes lettres que cette oeuvre comprend « des textes d’origine islamiques (l’appel à la prière) « . Il n’est pas fait mention des tarifs en ligne.
- le 1er juin dans la cathédrale de Bordeaux et le 2 juin à 16h plein tarif 29.2 €, tarif réduit 15 euros – il s’agit clairement d’un événement commercial, et pas à la portée de toutes les bourses qui plus est. Et sur le site de l’association organisatrice on trouve même des places à 32 euros. [ MAJ : l’appel à la prière musulmane ne sera pas chanté]
MAJ 13mai 13h30 : on nous dit, de source proche de la chorale qui se produit à Bordeaux , qu’il a été « clairement énoncé aux choristes depuis octobre que cet appel est supprimé » de l’oeuvre qui sera interprétée. Néanmoins nous n’en avons pas confirmation officielle à ce jour.
Par ailleurs, cela ne répond pas non plus au problème grave de transformer à intervalles réguliers la cathédrale de Bordeaux en salle de concert accueillant des événements culturels clairement commerciaux – l’entrée des églises doit rester en toute circonstance libre et gratuite (cf. plus bas), ce qui n’empêche évidemment pas de proposer un prix libre ou une quête pour les frais d’organisation des événements, qui doivent par ailleurs être strictement cultuels.
MAJ 15 mai 17h30 : le président de la chorale Polifonia Eliane Lavail, qui se produit le 1er et le 2 juin prochain, nous confirme que l’appel à la prière musulmane ne sera pas chanté, et a été retiré dès octobre 2023 des répétitions de l’oeuvre, en accord avec le recteur de la cathédrale.



Par ailleurs le 9 juin prochain elle sera aussi interprétée en Espagne, dans l’église de Pedreguer , choisie en raison de son orgue. Cette localité se trouve sur la côte en face d’Ibiza, entre Valence et Alicante.
Une profanation reconnue à Paris : « le texte chanté est en contradiction avec la foi chrétienne «
En novembre dernier, cette prière dans l’église parisienne de la Trinité – tenue par l’Emmanuel – avait suscité un tollé légitime parmi les fidèles. Le curé avait du célébrer une messe de réparation et avait dit, un peu tard, dans son communiqué : « cependant, comme curé de la Trinité, si j’avais été personnellement informé que le programme de cette « Messe » de Karl Jenkins intégrait le chant de l’« Adhan » par le musicien nantais Yassine Hawa, j’aurais refusé sans hésitation d’accueillir ce concert dans l’église placée sous ma responsabilité. Le texte chanté est en effet en contradiction obvie avec la foi chrétienne et n’avait donc pas sa place dans notre église, même à l’occasion d’un évènement musical. Affirmer cela, ce n’est pas renoncer à la recherche de la paix par le dialogue, ce n’est pas non plus manquer de bienveillance envers les croyants d’autres religions, c’est au contraire se garder du « relativisme » qui, « sous le couvert d’une prétendue tolérance », s’avère au final être un obstacle à un dialogue constructif et fécond « .
La profanation de trois églises à Nantes, Saint-Nazaire et Lyon évitée par la mobilisation des fidèles
Cependant, cela n’avait pas empêché les autorités religieuses de programmer cette même oeuvre – appel à la prière musulmane inclus – dans deux églises à Nantes et Saint-Nazaire (dont une tenue par l’Emmanuel à Nantes, la Madeleine) et une autre à Lyon. Après que des fidèles se soient légitimement émus auprès de leurs curés à Nantes et à Lyon – ces concerts ont été annulés dans les églises catholiques et reportés dans d’autres salles – ils auront lieu dans un auditorium à Nantes, un temple protestant à Lyon – où pour le coup il n’y a pas profanation, les temples protestants n’étant pas des espaces consacrés (et les salles polyvalentes laïques encore moins).
Il est difficile d’imaginer que Bordeaux et Coutances n’aient pas des espaces non consacrés qui puissent accueillir ce type de concerts.
Profanation évitée : les larmes de crocodile et les mensonges de la gauche
Après que ces concerts aient été annulés, la gauche et la presse mainstream à Nantes ont dénoncé à longueur d’articles (trois fois dans Ouest-France et Presse-Océan, pas moins de 7 publications du choeur universitaire de Nantes sur Facebook) une « campagne d’intimidation » menée par Riposte Catholique… qui n’a consacré qu’un seul article au sujet.
Outre le fait que la presse mainstream et les politiques locaux prennent visiblement les nantais pour des idiots – et ne savent plus, logiquement, où se mettre lorsque la maire socialiste de Nantes entend interdire le concert d’un rappeur décrié, c’est en réalité le refus de la chorale d’accéder à la demande du curé de l’église de Saint-Nazaire de supprimer l’appel à la prière musulmane – quarante secondes sur une pièce d’une heure 20 – qui a engendré la déprogrammation des deux concerts prévus dans les églises de Nantes et de Saint-Nazaire, comme la cheffe de choeur le reconnaît dans les colonnes du Figaro :
«Le curé de Sainte-Madeleine m’a téléphoné début janvier, le ton inquiet», raconte Annie Le Guevel. L’homme de foi venait alors de recevoir une série de messages au sujet du concert, «des intimidations» liées à la publication de Riposte Catholique. «Il était gêné, désolé, et m’a demandé s’il était possible de supprimer la prière, car il craignait d’avoir à gérer une polémique haineuse, voire des violences. Il était bien entendu hors de question d’amputer un passage de l’œuvre – autant supprimer toute la pièce ! » . Décision est prise dès le lendemain d’annuler le spectacle « .
L’on peut se demander si le véritable objectif de cette pièce n’est pas, en réalité, de faire un appel à la prière musulmane dans un lieu de culte catholique.

Les concerts dans les églises ne sont pas une zone de non-droit
N’en déplaise aux médias mainstream et aux élus de gauche, les concerts dans les églises ne sont pas une zone de non-droit – pas plus qu’on ne peut pas installer une terrasse ou un étal sur un marché sans montrer patte blanche, payer à une municipalité une redevance d’occupation du domaine public ou un droit de place.
Il y a des règles bien précisées, et plusieurs documents tant romains que de la CEF ou liés à la loi de 1905 qui excluent a priori toute activité qui n’est pas cultuelle ou religieuse – l’oeuvre de Karl Jenkins, bien que nommée « messe pour la paix « , n’en est pas une. Et notamment, dans le document romain de 1987 : «
« Il n’est pas légitime de programmer dans une église l’exécution d’une musique qui n’est pas d’inspiration religieuse et qui a été composée pour être exécutée dans des contextes profanes précis, qu’elle soit classique ou contemporaine, d’un haut niveau ou populaire : cela ne respecterait ni le caractère sacré de l’église ni l’œuvre musicale elle-même, qui serait exécutée dans un contexte qui ne lui est pas naturel. »
Si ce n’était pas assez clair, un document du conseil permanent de l’épiscopat français articule l’application de la loi de 1905 aux activités culturelles dans les églises. Là aussi, c’est assez clair :
« on fera en sorte que l’église ne puisse jamais être considérée comme une salle de spectacles ordinaire . » (ibid.) Ce dernier point est accompagné d’une note renvoyant à la Loi de Séparation de décembre 1905 (article 13) stipulant justement que la « désaffectation » du lieu de culte pourrait être prononcée « si les édifices sont détournés de leur destination ».
Ce document insiste aussi sur « l’accès libre et gratuit à l’église « . Un autre document, de l’archevêché de Paris, enfonce le clou à ce sujet : « la note précise que la gratuité des concerts a pour but de garantir l’accès libre du bâtiment église et le caractère non commercial des activités s’y déroulant. Ceci ne supprime pas la possibilité d’une quête au cours du concert « .
