Bitche (57) : plusieurs auteurs d’abus dans l’ex-collège épiscopal, au moins 23 victimes
La presse locale mène l’enquête suite à la révélation d’abus dans l’ex-collège épiscopal de Bitche en Moselle, dans le diocèse de Metz, fermé en 2012; une dizaine de victimes se sont fait connaître du diocèse, qui a lancé un appel à témoignages . D’après les recherches de la presse locale et les témoignages des victimes, il y aurait au moins trois auteurs d’abus :
- un religieux, « l’abbé Didelon était professeur de mathématiques mais aussi responsable de l’infirmerie de l’internat « . Entré comme professeur de mathématiques en 1968, il aurait commis des abus pendant 25 ans : « entre la fin des années 1960 et la fin des années 1990, ciblant des garçons, internes, en classes de 6 e et 5 e (les élèves les plus jeunes). Les témoins décrivent tous un même mode d’action : ils se retrouvaient seul à seul avec l’abbé dans l’infirmerie ou dans ses propres appartements. Prétextant un motif médical, l’enseignant procédait à des attouchements sexuel s ». Il aurait aussi agressé des jeunes filles à partir du moment où le collège est devenu mixte en 1985, puis après sa mutation en paroisse dans les années 1990, une jeune fille âgée de cinq ans .
- un laïc, qui avait été jugé en 1991 pour corruption de mineurs : « Claude Tuaillon, est arrivé en 1977, dans l’établissement. Il y était éducateur sportif jusqu’en 1987, date à laquelle, il devient encadrant dans un club de foot à Metz. Avant d’être écroué en 1991, à 56 ans pour avoir fait visionner à des jeunes des films pornographiques chez lui avant de commettre sur eux des faits d’attouchement. Faits qu’il a reconnus lors de son procès’ ‘
- un autre auteur pour l’heure non identifié, « une troisième personne est pointée du doigt par les victimes. Mais elle serait restée trop peu de temps dans l’établissement pour que les élèves se souviennent de son nom « .
Les deux premiers ont fait l’objet de plaintes, « des plaintes avaient été déposées contre l’Abbé Didelon et Claude Tuaillon, respectivement en 2000 et 2010 « , classées pour cause de prescription. L’INIRR appelle les victimes à s’adresser à l’instance pour être indemnisées, elles étaient 23 au 1er juillet dernier et envisageaient la création d’un collectif; trois d’entre elles ont déjà été indemnisées.
L’ancien directeur de 1988 à 2001 , Aloyse Schaff – 60 ans de prêtrise en 2019 – est mis en cause par d’anciens élèves pour avoir étouffé les signalements, notamment au sujet de l’abbé Didelon : « de grosses pressions pour que ça n’aille pas plus loin « . Il a répondu à France 3 avoir appris les agissements de l’abbé Didelon lors de son enterrement, et ne pas avoir voulu cacher les choses. « Ce n’est pas qu’on a voulu cacher, c’est qu’on ne savait pas. C’était très discret. » Le diocèse affirme lui aussi ne pas avoir été tenu au courant – des victimes dénoncent l’omerta dans l’équipe enseignante d’alors.
