Enseignement catholique : ces écoles qui ferment

A travers la presse locale, des écoles sous contrat de l’enseignement diocésain ferment à travers toute la France, le plus souvent sur fond de déprise démographique et de volonté d’économies des directions diocésaines – pour les villages où elles sont, cela signifie encore moins d’activité, et une institution de plus qui les abandonne. A la rentrée 2025/26, plusieurs d’entre elles n’ont pas rouvert – le recensement n’est pas exhaustif :

Un collège de 300 élèves en déficit chronique fermé à Lisieux, les élèves invités à se reporter vers le public

Des établissements plus conséquents sont aussi concernés comme à Lisieux (diocèse de Bayeux-Lisieux) où le directeur de l’enseignement catholique, commun aux diocèses de Sées et de Bayeux, a annoncé la fermeture à la rentrée 2025 de l’école et du collège La Salle de Lisieux, au « patrimoine vétuste » et « sous perfusion économique » faute d’un nombre suffisant d’élèves; ceux-ci – 178 en primaire et 138 au collège dont une classe ULIS sont invités à se reporter vers le public (!).

Le directeur de l’enseignement catholique a expliqué que le réseau de collèges et d’écoles a perdu 350 élèves en dix ans, que l’OGEC ne payait plus son loyer depuis quatre ans, que l’établissement était déjà en cessation de paiements il y a 18 ans, et qu’il souffre d’autres fragilités : » [il] est en déficit chronique depuis une dizaine d’années, nous arrivons au bout de ce que nous pouvons supporter. Le troisième élément est bâtimentaire : nous avons un bâti assez vétuste, et nous sommes dans l’incapacité de supporter les investissements nécessaires pour penser les 20 prochaines années à Saint Jean-Baptiste de la Salle « .

Des regroupements à prévoir dans les Ardennes

En revanche le diocèse de Reims-Ardennes a rassuré pour cette rentrée : rien n’est décidé pour l’école La Salle de Sedan, malgré une baisse démographique. Cependant le directeur de l’enseignement catholique reconnaît au micro de la radio locale que des fermetures ou des regroupements sont à venir : « contacté, le directeur Interdiocésain de l’enseignement catholique évoque des pistes de réflexion de restructuration , comme dans de nombreuses villes en Champagne-Ardenne : Reims , Charleville-Mézières ou encore Sedan, en raison de la baisse démographique. Comme l’enseignement public , le privé va donc devoir trouver des solutions dans les années à venir « .

Saumur : l’OGEC de l’école saint Nicolas s’oppose à la DDEC 49

A Saumur, l’OGEC 49 veut regrouper plusieurs les écoles privées sur un même site à Saint-Hilaire saint Florent, et fermer l’école Sainte-Anne de Bagneux dès 2025, mais l’OGEC de l’école saint Nicolas, que la tutelle voit fermer en 2027, a pris le contre-pied dans la presse locale :

« Notre école ne pourrait fermer en 2027 que si le campus de Saint-Hilaire est sorti de terre et prêt à accueillir plus d’enfants que l’Abbaye actuellement. Or, pour l’heure, les terrains ne sont même pas encore achetés ; une information confirmée dans les derniers jours de 2024 par le service urbanisme de la Ville de Saumur. Le projet de campus a besoin d’environ 15 000 m², mais les sœurs de la congrégation Jeanne Delanoue, propriétaires, disposent de près de 38 000 m² et ne souhaitent pas vendre en plusieurs lots. Aussi, les porteurs de projet, qui n’ont pour l’heure qu’un accord de principe, ont avoué dans le Courrier de l’Ouest que « rien n’est acté » et que les négociations, « en cours, prennent du temps » . Ils sont par ailleurs toujours à la recherche de partenaires financiers pour investir dans ce grand ensemble.

Ensuite, il faudra encore conclure la vente et présenter un projet soumis à de nombreuses contraintes puisqu’il devra notamment être approuvé par l’Architecte des bâtiments de France (ABF). Viendra ensuite le temps des appels d’offres, le choix des entreprises et la construction. Un temps que l’on peut aisément estimer en années, d’autant plus que les retards sont inévitables lorsqu’il s’agit d’un chantier d’une telle ampleur. Sans oublier les aléas et possibles mises en pause en fonction des hausses des coûts des matériaux ».

Enfin l’école se porte comme un charme : « n ous sommes une petite école de centre-ville, accessible, à taille humaine, avec de petits effectifs, offrant une éducation bienveillante et différenciée, ce qui est recherché par de nombreuses familles, fuyant les grosses structures et les classes surchargées. Nous avons la chance d’avoir un parking juste devant l’école, une MAM (Maison d’assistantes maternelles) en face et une crèche publique à 150 mètres. Nous sommes la seule école bilingue anglais et avons signé un contrat d’exclusivité sur le territoire du Saumurois avec notre partenaire ». Pour fermer l’école, « il faut, par exemple, invoquer un problème de sécurité des bâtiments qui engendrerait la mise en danger des enfants ; des problèmes économiques ; l’absence de chef d’établissement ; ou encore des problèmes d’effectifs. Non seulement, nous ne sommes concernés par aucun de ces points, mais notre école est pleine à 95 % et nos effectifs continuent d’aller croissant.