Violences sexuelles entre enfants : concrètement, que fait l’Enseignement Catholique ?

Nous avions abordé dans nos colonnes la problématique des agressions sexuelles entre enfants – parfois très jeunes, dès la maternelle ou le primaire – dans l’enseignement, qu’il soit privé ou public. Généralement, victimes, comme parents de victimes, comme parents d’autres enfants voire chefs d’établissement sont bien seuls face à cette problématique qui prend de l’ampleur depuis cinq ans, quel que soit le type de l’établissement et son implantation, en ville comme à la campagne.

Ouest-France publie un cas pratique, celui de l’école Sainte-Famille de la Roche sur Yon (Vendée) où des parents ont dénoncé en septembre dernier l’agression sexuelle de leur fillette par trois autres élèves en maternelle, le parquet a classé du fait de l’âge des enfants, et malgré les assurances données tant par l’évêque qu’un adjoint du secrétaire général de l’enseignement supérieur, l’école refuse mordicus de déplacer les enfants agresseurs dans une autre classe, et c’est maintenant la famille de la victime qui se sent poussée dehors…

Ouest France rétablit l’historique de l’affaire :

Pour empêcher ceux qui se sont engagés – l’évêque Mgr Jacolin et l’adjoint du SGEC – d’appliquer le changement de classe des élèves auteurs de l’agression, il a été dit, selon Ouest-France :

Dans l’enseignement catholique, le poignant problème des responsabilités

Concrètement, « cette affaire révèle ce que nous avons constaté au bout d’une heure de réunion avec le SGEC le 22 novembre dernier : dans l’enseignement catholique, les responsabilités sont diluées, le SGEC ne peut imposer ses décisions aux myriades d’associations des écoles (OGEC etc.) et des tutelles, personne n’est responsable de ses paroles, ni de ses actes, et les familles comme les élèves sont abandonnés s’ils se plaignent » , constate le collectif des Victimes de Saint-Stanislas de Nantes. « Dans cette affaire c’est particulièrement grave, même la parole de l’évêque a été minimisée et ignorée « .

« Dans ces conditions, il apparaît compliqué de vouloir (re)faire de l’enseignement catholique une maison sûre, et éviter la reproduction des erreurs du passé. Dans le même temps la problématique des abus sexuels entre élèves, dès le plus jeune âge, ne fait que prendre de l’ampleur et faire l’autruche ne règlera pas le problème. Il faut que l’enseignement catholique se saisissent de ce problème et proposent un cadre clair et de bon sens pour les victimes, leurs familles, les chefs d’établissement et les directions diocésaines de l’enseignement catholique, bien démunis une fois que le mal est fait… »