Lassaliens : des abus dans plus de 20 établissements en France, en Belgique, Suisse et au Canada ?

La création le 1er février dernier du collectif national des victimes des lassaliens impose de faire un point sur les affaires d’abus déjà connues au sein des établissements lassaliens, et celles qui ont été signalées depuis – la libération de la parole d’anciens élèves a déjà commencé sur les réseaux sociaux, notamment en marge d’une publication de France Bleu Breizh Izel en Bretagne . A ce jour, des abus sexuels et/ou des violences sont signalés dans plus de 20 établissements en France, deux en Belgique, un en Suisse et plusieurs autres au Canada – où une action collective de plus de 200 victimes est en cours et où la congrégation s’est déjà engagée à indemniser toutes les victimes qui se présenteront d’ici l’homologation de l’action collective par la justice.

En France, des abus sont recensés dans les établissements suivants :

D’autres faits survenus dans des établissements de Haute-Garonne, Gers ou encore de la Manche ont aussi été signalés depuis la création du collectif.

En Belgique , dans les établissements suivants :

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En Suisse :

Canada : plus de 200 victimes dans une action collective contre les lassaliens

Au Canada, actuellement, une action collective réunit déjà plus de 200 anciens élèves des frères des écoles chrétiennes : « Les victimes sont principalement des garçons qui avaient, en moyenne, 13 ans [au moment des agressions] , a ajouté Me Arsenault, précisant que l’action inclut toutes les victimes des Frères des Écoles chrétiennes du Canada francophone du 1 er janvier 1940 jusqu’à aujourd’hui. Alain Arsenault, du cabinet Arsenault Dufresne Wee Avocats, a précisé que les indemnités monétaires seront de 50 000 $ à 270 000 $ « .

Il s’agit d’un cabinet qui a accompagné d’autres actions collectives de victimes contre divers congrégations et diocèses du Canada. Fait inhabituel, il n’y a pas de montant maximum alloué à l’indemnisation : « Habituellement, il y a toujours un maximum. Si le nombre de victimes est trop élevé, les indemnités baissent. Là, il n’y a pas de limite. Les Frères se sont engagés à indemniser toutes les victimes « .

Des auteurs d’abus mutés au lieu d’être sanctionnés et des archives détruites

Il est ressorti de l’instruction que les Lassaliens mutaient les religieux auteurs d’abus plutôt que de les sanctionner – ce qui s’est aussi produit en France avec le frère Jean Clément ou le frère directeur Francis Frezel. Le Devoir cite , en septembre 2024, une trentaine de témoignages de victimes à ce sujet. Notamment celui d’un élève en 1986-87 à « pensionnaire à l’école secondaire Saint-Joseph à Pointe-du-Lac, a été agressé à plusieurs reprises en 1986 et en 1987 par le frère Ghislain Frigon, qui sera plus tard condamné pour ces gestes. Le garçon avait averti le directeur de l’école des agressions. Celui-ci aurait tenté de convaincre les parents de la victime qu’il était préférable que le frère Frigon demeure à l’école pour éviter le « scandale ». Face aux pressions des parents, le frère sera [finalement] transféré.

Les témoignages répertoriés dans la demande introductive d’instance sont ceux qui établiraient que la direction de la congrégation était au courant, indique au Devoir M e Alain Arsenault. « On a gardé les témoignages de gens qui ont été agressés par un supérieur ou dont les parents sont allés voir le frère directeur ou encore dont l’agresseur a été changé de place. » Les avocats reprochent aux Frères de l’instruction chrétienne de ne pas avoir protégé les enfants qui étaient sous leur responsabilité, de ne pas avoir agi pour que les agressions cessent et d’avoir détruit des documents d’archives compromettants « .