Betharram : le surveillant accusé d’abus reste en détention
Suite à l’audience de la chambre d’instruction du tribunal de Pau a siégé le 13 février au sujet de la demande de libération déposée par un surveillant mis en examen pour abus au collège de Betharram, Patrick Martin, et a rejeté sa demande ce 17 février. Son incarcération est prolongée pour six mois de plus. En tout, près de 250 plaintes sont déposées à ce jour pour abus dans le collège de Betharram, dont 33 visent ce surveillant -il sera jugé pour deux d’entre elles , non prescrites. Depuis, un religieux de la congrégation de Bétharram a aussi été mis en examen , pour des faits de viol commis dans les années 1990.
A l’antenne de France 3, un des avocats des victimes a réagi : « c’est une nouvelle étape procédurale importante », selon Me Thierry Sagardoytho, avocat d’une des victimes d’agression sexuelle, qui a plaidé pour le maintien en détention de l’ancien surveillant car « les parties civiles n’ont pas encore été confrontées au principal mis en examen et qu’à ce titre les investigations doivent encore se poursuivre dans des conditions sereines, exemptes de toute pression » .
Le collectif des victimes de Betharram a aussi communiqué sur le sujet :
« Le Collectif des victimes de Bétharram accueille avec satisfaction et soulagement la décision de prolongation de la détention de Patrick Martin, dans le cadre de la procédure judiciaire en cours.
Cette décision permet de garantir la poursuite sereine des investigations, alors que des actes essentiels à la manifestation de la vérité, notamment des confrontations avec des victimes ayant déposé plainte pour des faits non prescrits, doivent encore être réalisés.
Pour les victimes, cette mesure constitue une garantie indispensable afin que la procédure puisse se dérouler jusqu’à son terme, sans risque de rupture ni de contournement du processus judiciaire. Elle contribue également à restaurer un minimum de confiance dans une justice longtemps perçue comme incomplète ou trop tardive dans ce dossier. Le Collectif tient à rappeler qu’il ne s’agit ni de préjuger de l’issue du procès, ni de remettre en cause les principes fondamentaux de la présomption d’innocence, mais de permettre à la justice de travailler dans des conditions pleinement sécurisées, dans le respect des droits de chacun et de la parole des victimes.
Les victimes de Bétharram espèrent désormais que l’ensemble des actes à venir permettra enfin que la vérité soit établie et que ce dossier puisse avancer sans nouvel obstacle « .
