Le diocèse de Grenoble a-t-il inventé un nouveau sacrement : le denier ?
Divers diocèses de France font actuellement leur campagne du denier – et relèvent aussi des baisses nettes des donations, entre déchristianisation, inflation, appauvrissement, chute continue du nombre de leurs donateurs (et hausse de leur âge), crise des abus etc. Le diocèse de Grenoble a cru être original dans son bulletin de mars, tout frais paru, où il retrace la vie d’une fidèle fictive, Jeanne, et inclut parmi les sacrements et l’assistance à la messe… le denier du culte.
Et il est même décrit : « Jeanne apprend à donner une partie de ses ressources. Chaque année, Jeanne met de côté 1% de ses revenus pour le Denier de l’Église. C’est sa manière simple et fidèle de dire merci et de soutenir la mission de l’Église en Isère. Par ce don libre, elle contribue à la vie matérielle des prêtres, à la formation des séminaristes et à la mission des laïcs engagés au service de l’Évangile. Pour Jeanne, ce geste n’est pas seulement financier: c’est une manière concrète de participer à la vie de son Église et de permettre à la mission de continuer « .
Peut-être, du reste, que Jeanne donnerait plus volontiers au diocèse de Grenoble – et sans être culpabilisée dans les pages du bulletin diocésain, si elle pouvait assister à la messe de son choix partout dans le diocèse, sans devoir faire une heure de route avec du carburant à deux euros le litre, ou en bénéficier après avoir fait l’effort de monter 900 mètres de dénivelé positif dans la neige vers un sanctuaire diocésain.
Ou encore, si Jeanne ne s’était pas rendue compte, en flânant dans le centre-ville – qu’un prêtre du diocèse d’Angoulême ordonné en juin 2023 puis suspendu en octobre 2023 pour atteinte sexuelle sur mineur, vit dans un bien diocésain, à proximité immédiate d’autres prêtres et de l’évêque. A Grenoble, le denier du culte sert vraiment à tout… et Jeanne est troublée, comme le sont nos lecteurs.


