La conception chrétienne de l’autorité

Evoquant la figure de sainte Catheriune de Bologne, lors de sa catéchèse d’hier, Benoît XVI a déclaré :

« Et je voudrais souligner un autre aspect, celui de sa grande humilité : c’est une personne qui ne veut pas être quelqu’un ou quelque chose ; elle ne veut pas apparaître ; elle ne veut pas gouverner. Elle veut servir, faire la volonté de Dieu, être au service des autres. […] C’est précisément pour cela que Catherine était crédible dans son autorité, parce que l’on pouvait voir que pour elle l’autorité était précisément de servir les autres. »

Naturellement, on comprend bien ce que cela signifie: sainte Catherine avait évidemment une conception chrétienne de l’autorité comme service (« Le plus grand parmi vous sera votre serviteur » a dit Notre-Seigneur). Cependant, cette présentation laisse entendre que la conception « naturelle » de l’autorité est précisément celle qui n’est pas chrétienne, celle où le gouvernant ne vise le pouvoir que pour lui-même. Au contraire, il me semble que, même en régime païen, l’autorité est un service. Que la pratique soit difficile, du fait du péché originel et de notre égoïsme, c’est évident, mais cette pratique défectueuse n’abolit pas le principe.