La conversion de Joseph Fadelle dérange-t-elle le dialogue avec l’islam?

Chacun voit actuellement la situation de nos frères chrétiens d’Orient. Dans ce contexte, j’ai été particulièrement choqué de la déclaration du
père Christophe Roucou, chargé des relations avec l’islam par la CEF – témoignage que je découvre sur le blogue Perepiscopus :

« Les prêtres conseillent ce livre à leurs paroissiens. Fadelle lui-même est invité à donner des conférences partout. Et pas simplement pour parler de son itinéraire qui est tout à fait respectable, mais pour dire que l’islam est l’œuvre du diable. On sent se renforcer chez les catholiques – comme chez l’ensemble des Français – un courant d’hostilité à l’islam. Nous sommes attaqués comme naïfs vis-à-vis des musulmans parce que nous discutons avec eux, alors que c’est notre mission. Ma position, en tant que SRI, c’est de dire que je n’ai pas à choisir entre ma solidarité avec les chrétiens du Proche-Orient et l’amitié avec les musulmans d’ici. »

Comme le dit Maximilien Bernard en commentaire:

« Sic ! Par cette déclaration, le père Roucou laisse entendre que les musulmans d’ici sont victimes d’un terrorisme comparable à celui enduré par les chrétiens d’Orient. C’est une posture absolument scandaleuse. A le lire, on a l’impression qu’il souhaiterait que Joseph Fadelle soit éliminé, plutôt que de remettre en cause l’action du SRI. Car c’est bien ce qui risque d’arriver : Joseph Fadelle, par son témoignage, ses conférences publiques, pourrait être assassiné demain. »

J’ajoute que le dialogue islamo-chrétien repose sur une grave ambiguïté: autant nous pouvons discuter avec des musulmans (notamment pour défendre ensemble la loi naturelle), autant il n’est pas possible de dialoguer avec l’islam (qui repose sur l’hypothèse selon laquelle le coeur de notre foi, les dogmes de la Trinité et de l’Incarnation, sont les crimes les plus abominables qu’un homme puisse commettre; pour ne rien dire du fait que l’islam n’a pas d’instance magistérielle qualifiée pour présenter sa doctrine dans un débat doctrinal).