Vers un éclatement des conférences épiscopales
Isabelle de Gaulmyn, journaliste au quotidien « La Croix », vient de publier un intéressant article sur le renouveau des lettres pastorales. J’y lis notamment ceci:
« La lettre pastorale n’a cependant jamais disparu. Et son retour en force a plusieurs explications. D’abord, un éclatement de la collégialité épiscopale, chaque évêque tenant désormais à faire entendre sa sensibilité, la conférence au plan national n’ayant plus la cohérence d’autrefois.
Ensuite, la réaffirmation, ces dernières années, du pouvoir de l’évêque, sur son diocèse : avec la diminution du nombre de prêtres, et de fidèles, l’évêque joue désormais un rôle de pasteur local de premier plan.
Enfin, ces lettres sont aussi la manifestation de la priorité donnée aujourd’hui aux problèmes de structures et d’avenir dans chaque diocèse. Celle de l’évêque de Nîmes, par exemple, rédigée après une vaste consultation, tout comme celle de Bayonne, est une manière de fixer une direction pour le diocèse. »
J’avoue que je comprends assez mal la 3e raison. Je ne vois pas le rapport entre le développement des lettres pastorales et les « problèmes de structure » (et, en sens inverse, les conférences épiscopales avaient manifesté une remarquable sensibilité aux « problèmes de structure », au point que certains ont pu parler de « clérocratie »…).
Mais, globalement, je partage l’analyse de ma consoeur: la reprise en main de leur responsabilité épiscopale (dont la publication de lettre pastorale est un symptome) par les évêques correspond à un « affaiblissement » des conférences épiscopales.
Il faut cependant ajouter que les conférences épiscopales ont – officiellement – toujours été considérées comme des instruments au service des évêques et non comme une espèce de super-diocèse. Et que la collégialité épiscopale (si on lui donne un sens orthodoxe) a pu se passer pendant des siècles de conférence épiscopale et pourrait fort bien s’en passer à nouveau…
