Dénoncer un crime, est-ce un… crime?

Voici quelques extraits d’une belle et courageuse lettre d’un professeur de philosophie au ministre de l’Education nationale en réaction à la scandaleuse révocation de Philippe Isnard:

« J’imagine que ça ne doit pas être beau à voir, un avortement. Mais là n’est pas l’essentiel. Il s’agit plutôt de savoir si c’est un crime. Ceux — dont je suis — qui le croient ont le sentiment pénible que le monde est à l’envers, lorsqu’ils voient qu’on punit, au lieu des meurtriers et de leurs complices, le citoyen courageux qui a donné l’alerte. […] Pourtant, quand on y pense, l’action qu’on reproche à ce professeur méritait plutôt vos encouragements. Quelle est en effet la fonction des enseignants, si ce n’est pas d’instruire, de faire connaître, autant que possible, la vérité ? […] Un prénom chrétien, cela n’empêche pas d’être franc-maçon, démocrate ou Dieu sait quoi d’autre. Du reste, j’ai plusieurs fois constaté qu’on pouvait être à la fois chrétien et démocrate. Je n’ai jamais trop compris comment, mais il y a des gens qui m’ont assuré que c’est possible. Pour moi, un chrétien démocrate, c’est quelqu’un qui voudrait bien que Pilate relâche le Christ plutôt que Barabbas, si tout le monde était d’accord ; mais qui n’a pas le courage de s’opposer à la populace et qui se cherche des raisons pour couvrir sa honte. Car l’un des deux seulement peut être gracié : ou Jésus-Christ ou Barabbas. Pilate ne veut en relâcher qu’un, de sorte qu’on est obligé de choisir ou l’un ou l’autre. De même, il est clair qu’on ne peut pas à la fois promouvoir dans les écoles de France le dévergondage et l’infanticide qui en est la suite naturelle, et permettre qu’on cherche à éclairer les consciences. Il faut nécessairement choisir entre dépraver et éduquer. Quel choix, Monsieur le Ministre, voulez-vous que nous fassions ? »