Les difficultés de la nonciature apostolique à Paris
Il est bien connu que Mgr Luigi Ventura a été nommé à la prestigieuse nonciature parisienne pour un travail précis: nommer et promouvoir des évêques « restaurateurs ».
Je sais bien que le terme ne plaira pas à tous les lecteurs, mais, quelle que soit la formulation, il est clair que c’est la « feuille de route » du nonce apostolique à Paris.
Il est tout aussi clair que la nomination de l’abbé Fonlupt pour l’évêché de Rodez a de ce point de vue, disons, surpris les observateurs. Certes, chacun s’attend à ce que des « modérés » soient nommés à côté des « restaurateurs ». Mais personne, parmi les observateurs du catholicisme français, n’aurait songé à un tel profil. L’abbé Fonlupt passe, en effet, pour être un familier des « bénédictions » de couples divorcés remariés – dont on ne peut pas dire qu’elles soient très « en cour » à Rome!
Bref, la nomination du nouvel évêque de Rodez a surpris.
Mais ce qui est plus surprenant encore, c’est que le nonce apostolique ne s’attendait pas – d’après mes informations – à la bronca qui s’en est suivie. Cette nomination a été son baptême du feu. Il a compris qu’il ne pouvait pas s’appuyer sur le clergé style « années de plomb »… mais que, par ailleurs, les « forces vives » du catholicisme français, notamment les clercs « identitaires », n’étaient pas disposés à se laisser piétiner sans rien dire. Bref, Mgr Ventura découvre la réalité du catholicisme français: un petit noyau de clercs et de fidèles « restaurationnistes », qui sont maintenant majoritaires dans les séminaires, et les restes de l’antique puissance des clercs des années 1970, qui continuent à contrôler le noyau dirigeant de l’épiscopat, mais qui, numériquement, ne opèsent plus grand-chose. Il a sans doute cru pouvoir louvoyer, grâce à son immense talent diplomatique, entre les deux. Mais ce n’est aujourd’hui plus possible. Un choix s’impose et on voit mal comment Mgr Ventura pourrait opter pour la tendance Fonlupt!
Mais le pire est peut-être à venir. Il se murmure dans les sacristies (et jusque dans les couloirs de la nonciature) qu’à côté d’un respect plus qu’aléatoire des normes disciplinaires et sacramentelles de l’Eglise romaine, le nouvel évêque de Rodez aurait laissé des traces de propos franchement hétérodoxes. A l’heure où j’écris, il s’agit de rumeurs – à moins qu’un lecteur d’OV ne dispose des textes en question – mais imaginez que, dans les semaines à venir, en guise de cadeau de « joyeux avènement », soient publiés deux ou trois textes « sapiens haeresim » du nouvel évêques, les services de l’avenue du Président Wilson auraient bonne mine!
