Le cardinal Newman, saint Thomas et la conscience

Un lecteur m’objectait hier soir que le texte du cardinal Newman que je citais, même s’il était effectivement bien éloigné du néo-modernisme, était presque aussi éloigné de la doctrine traditionnelle en matière de liberté de conscience.
Je n’en suis pas si sûr.
Saint Thomas d’Aquin, qui, je pense, n’est pas suspect de libéralisme théologique, écrit dans la Somme théologique (Ia IIae, q. 19, a. 5, resp):

« Toute volonté qui n’obéit pas à la raison, que celle-ci soit droite ou dans l’erreur, est toujours mauvaise. »

Ce que l’on traduit souvent, en d’autres termes: « Une conscience, même erronée, oblige. »
Nous avons certes le devoir de travailler à éclairer notre conscience, notamment par la soumission à l’enseignement de l’Eglise. Mais c’est la conformité à notre conscience qui fait qu’un acte est bon ou non (subjectivement en tout cas).
La morale n’est évidemment pas pure subjectivisme. Ce n’est pas parce que quelque chose est bon selon nous, qu’il est bon absolument. Mais cela n’empêche pas que nous ayons le devoir de suivre notre conscience, fût-elle erronée.
Cela étant, la question est complexe et, si des plus savants que moi veulent préciser ou corriger tel ou tel point, ils sont les bienvenus!