Une synthèse sur les faillites de la « communication vaticane »

Depuis un peu plus d’une semaine, l’actualité caoutchouteuse nous a tous accaparés. Pour répondre aux médias mal intentionnés et pour désamorcer les bombes.
Il est clair que les propos du Pape étaient déjà porteurs de tempêtes médiatiques – et j’y reviendrai dans les jours qui viennent – mais je dis avec force et gravité que la « communication vaticane » porte dans ce dossier une très lourde responsabilité.
Je vous propose de tenter une liste (hélas non exhaustive) des méfaits de ces services imbriqués les uns dans les autres (méfaits qui peuvent tenir à l’incompétence ou à la malice des personnes, mais je n’ai aucune compétence pour en juger):

  1. L’Osservatore Romano a rompu l’embargo demandé à tous les journalistes de la terre entière. Je répète, en pesant bien mes mots, que l’embargo n’a pas été rompu par un journal maçonnique ou un journal d’extrême gauche, ni par le « Quotidien du peuple », ni par la Gazette de Pyong Yang, ni par « Le Monde » ou « La Repubblica », mais bien par le prétendu « quotidien du Pape », a priori le quotidien du monde le plus lié à la ligne de communication du pontife romain. Dont acte. L’OR manifeste publiquement n’avoir rien à voir avec la communication pontificale. Nous avions compris, mais cette confirmation ne peut pas être inutile!…
    Je précise pour les lecteurs qui n’ont pas l’habitude des usages journalistiques qu’il est assez fréquent que nous recevions des documents quelques heures ou quelques jours avant leur publication officielle pour nous laisser le temps de lire et de préparer nos commentaires. Mais, évidemment, la déontologie la plus élémentaire consiste à ne pas « balancer » dans le domaine public ces documents sous embargo. C’est cette déontologie que l’OR a refusé délibérement de respecter.
  2. Cette rupture unilatérale de l’embargo n’est pas arrivée n’importe quand. Elle est arrivée en plein coeur du consistoire. Ce jour, qui était un jour de joie pour l’Eglise romaine et pour tous les catholiques, a été changé en jour de deuil par la seule volonté des rédacteurs de l’OR.
  3. La salle de presse du saint-siège a donné ses « précisions » avant même la parution du livre. Ce qui aggrave encore la responsabilité de la « communication vaticane » (dont on sait que les responsables, qu’il s’agisse du Dr Vian, du RP Lombardi ou de Mgr Filoni, sont extrêmement peu nombreux). C’était ajouter l’imprudence à l’indélicatesse. Cette fois, la simple incompétence n’était plus une explication satisfaisante…
  4. Pour finir (pour le moment, car j’y reviendraià, je dois reprendre la suggestion que Daniel Hamiche faisait, à la suite d’auteurs américains, dans l’article que je citais hier: cessons donc de dépenser un argent bêtement balancé par les fenêtres pour maintenir un quotidien parfaitement inutile (dans le meilleur des cas!…) et essayons d’avoir une agence de presse vaticane digne de ce nom, qui dispose de rédacteur dans chacune des langues importantes de la chrétienté (il est assez agaçant de constater d’abondantes erreurs de traduction ou d’orthographe dans la version française en particulier)