Don d’organes et moment de la mort

A la faveur de l’annonce selon laquelle Benoît XVI n’était plus donateur de ses organes depuis son élection au souverain pontificat, Jeanne Smits a publié un intéressant article sur les problèmes éthiques posés par le don d’organe. J’y lis notamment ceci:

« D’éminents membres de la hiérarchie catholique – et même plusieurs papes – ont, depuis plusieurs décennies, souligné la « beauté » et la « charité » de l’acte qui consiste à laisser récupérer ses organes après sa mort pour donner une chance de survie à une personne gravement malade. Le problème fondamental est dès lors celui de la définition du moment – mystérieux entre tous – de la mort, qui se trouve être très fluctuante d’un pays à l’autre, mais qui, du fait d’un consensus que l’on pourrait qualifier d’utilitaire, situe toujours la « mort » à un point qui précède très largement le moment où, traditionnellement, elle était constatée. En clair : pour pouvoir « récolter » des organes en état de fonctionner dans un nouveau corps, il est indispensable que plusieurs fonctions vitales du corps ne se soient pas arrêtées : oxygénation et circulation sanguine. On a donc redéfini le moment de la mort pour ne retenir que l’arrêt de la fonction cérébrale (comme si le cerveau était le siège de la vie, de l’âme, que sais-je), diversement apprécié selon les pays. »