L’enjeu du cas Isnard
Comme tous les catholiques européens, je suis avec beaucoup d’intérêt (et d’anxiété!) le cas de Philippe Isnard, ce professeur de Manosque menacé de révocation pour avoir osé montrer la réalité d’un avortement. Jeanne Smits, dans un article qu’il faut lire entièrement, pose ainsi l’enjeu:
« Car la question est de savoir s’il est possible, aujourd’hui, pour un enseignant français, d’émettre à propos de la loi Veil autre chose que des propos laudateurs. Philippe Isnard n’a-t-il pas reçu une lettre du ministre Luc Chatel affirmant que les professeurs qui dépendent de l’Education nationale n’ont pas le droit de remettre en cause la loi sur l’avortement ? La sanction de Philippe Isnard alourdirait encore le tabou. Elle imposerait donc encore bien davantage l’obligation de se courber devant « le droit à l’avortement, conquête des femmes » qui est déjà affirmé dans les manuels scolaires de nos collégiens. Elle empêcherait tout débat. Soit dit en passant, elle interdirait aussi la diffusion dans le cadre scolaire du film 4 mois, 3 semaines, 2 jours, primé par l’Education nationale, qui montre en images un avortement tardif… Si la sanction tombe, alors toute critique de toute loi est scandaleuse. Et les commissions paritaires auraient du pain sur la planche ! »
Il est clair que, si la sanction tombe, il faudra avoir le courage de dire que, en fait « d’Etat de droit » (comme s’en gargarisent les politiques à longueur de journée), nous sommes dans le royaume du père Ubu: l’incohérence qui interdirait de présenter un film primé par l’Education nationale; l’absurdité de ceux qui n’ont que « liberté d’expression » à la bouche et; et surtout la monstruosité qui consisterait à punir un homme qui a eu le « tort » de dire la vérité tout en encensant le lobby de la mort… Tout contribuerait à montrer que la Ve République n’a rien à envier au IIIe Reich sur le plan des principes!
Il faut cependant dire également que, malgré toutes les agressions totalitaires du lobby pro-mort, ce dernier ne peut que perdre: il suffit d’un homme véridique pour fissurer le mur du mensonge. Nous l’avons vu avec la chute du communisme. J’ignore si nous le verrons de nos yeux pour la chute du totalitarisme pro-mort. Mais, si nous n’avons pas encore gagné (il s’en faut de beaucoup!), ce dernier a déjà perdu!
