Une tribune de Jean-Pierre Snyers: Vous avez dit « catholique »?
L’universitaire belge Jean-Pierre Snyers nous demande de publier cette tribune libre, ce que nous faisons bien volontiers:
Dans « La Libre Belgique» du lundi 8 novembre, on trouve un article consacré au décès de l’abbé Kamp. « Abbé »? Certes il l’était puisqu’il fut validement ordonné. Néanmoins, comme d’autres ecclésiastiques que l’on entend régulièrement dans les médias, son lien avec l’Eglise semblait s’arrêter là. Il y a quelques années, lors d’une émission télévisée, le cardinal Danneels ( peu suspect d’être taxé de « conservateur ») rappelait avec justesse que ce qui caractérise un catholique est, sur le plan doctrinal, son adhésion au credo, aux dogmes et aux sacrements. Une bonne fois pour toutes, ayons le courage de le dire: quand un prêtre ne souscrit plus à ce que doit être la Messe, quand il fait l’impasse sur des réalités dogmatiques telles qui le péché originel, la transubstantiation, l’immaculée conception, le purgatoire, la rédemption, l’assomption, voire la Trinité ou la résurrection du Christ, il est plus qu’évident que sa place n’est plus dans l’Eglise et que celle-ci a le devoir de le lui signifier. Sachant combien la principale persécution dont elle est victime vient de ceux qui se font un devoir de la miner de l’intérieur, Benoît XVI a dit récemment: « Laisser s’infiltrer l’hérésie n’est pas faire acte de charité ». Dès lors, avec beaucoup de catholiques unis au successeur de Pierre, permettez-moi d’inviter les ecclésiastiques qui se plaisent à critiquer leur institution à avoir l’honnêteté de tirer les conclusions de leurs désaccords. Franchement, nous ne leur en voudrons pas s’ils décident de fonder leur propre religion ou de rejoindre la branche la plus libérale du protestantisme ou de l’anglicanisme. Nul doute qu’ils seront bien plus à l’aise dans ces deux dénominations qui, s’étant ouvertes au monde comme ils le souhaitent, sont aujourd’hui en pleine déliquescence, voire même en voie d’extinction.
Jean-Pierre Snyers
