Dieu, notre liberté et le problème du mal
Mon confrère Maximilien Bernard cite cette belle tribune de Mgr Batut, évêque auxiliaire de Lyon, en réaction à une lettre à « monsieur Dieu, président directeur général de la société de l’univers » (sic):
« Il est étrange d’y voir énumérer pêle-mêle les « catastrophes, crises et guerres », indistinctement qualifiées de malfaçons et de vices de construction dans la « société univers ». Il n’est guère difficile, en effet, de comprendre que les maux qui relèvent de la responsabilité des hommes sont d’un tout autre genre que les catastrophes naturelles, et que l’imprudence consistant à construire des centrales nucléaires sur des sites exposés à des secousses sismiques, par exemple, peut difficilement être imputée à Dieu… sauf à nier la liberté humaine et la redoutable capacité qui est la nôtre de prendre des décisions erronées ou pécheresses d’où s’ensuivent des conséquences également négatives pour nous-mêmes et pour les autres. […] Quel sens peut avoir pour un homme qui n’y croit plus de se tourner vers ce fantôme pour le prendre soudain à partie ? La réponse est claire : lorsqu’il touche la limite de sa propre prétention à la toute-puissance, ce n’est pas à Dieu que cet homme-là s’adresse, mais bien à son propre moi. »
