L’abbé Grosjean en compagnie de Caroline Fourest

Comme je l’avais annoncé , l’abbé Pierre-Hervé Grosjean a donc obtenu sa tribune dans le quotidien de référence Le Monde . A côté d’une autre tribune, signée par l’anticléricale Caroline Fourest , intitulée finement « Les nouveaux inquisiteurs « , et d’un texte fielleux de Jean-Michel Ribes , qui va diffuser dans son théâtre le Golgota picnic (rien que le nom est évocateur…).

Pour être honnête, la tribune de l’abbé Grosjean est également signée par les abbés Cariot (diocèse de Pontoise) et Seguin (diocèse de Paris), sans doute candidats à la mitre, mais aussi par François-Xavier Bellamy (maire adjoint de Versailles) ; Thierry Bizot (producteur TV – Eléphant & Cie) ; Thomas et Benjamin Pouzin (auteurs-compositeurs du groupe Glorious) et le blogueur-avocat Koz. Tout ce petit monde pour dire quoi ? Ceci :

La question qui se pose, au fond, est simple et essentielle : voulons-nous laisser notre société se scinder en plusieurs groupes qui s’ignorent et se craignent ? Face à ce danger, une seule voie est possible : nous devons accepter de renouer un vrai dialogue, risquer l’aventure de l’écoute, de la confiance et de l’échange rationnel autour de la question de la foi. Oui, il est urgent de reparler ensemble de la question de Dieu, de lui donner de nouveau toute sa place dans notre culture commune et dans nos échanges publics.

Caroline Fourest répond dans sa tribune, en amalgamant chrétiens et musulmans, suite à l’incendie des bureaux de Charlie Hebdo :

C’est là que se situe le danger : dans le fait que les nouvelles technologies vont peut-être exaucer les voeux moyenâgeux de ces nouveaux inquisiteurs. […] Drôle de monde, où la liberté d’expression sert les plus violents, mais se mue en inquisition quand il s’agit de rire du fanatisme.

Dans ce même numéro du Monde , Jean-Michel Ribes, directeur du Théâtre du Rond-Point, se fait provoquant :

Puisque la pièce Golgota Picnic, au Théâtre du Rond-Point, est la prochaine cible annoncée des sauveurs de la morale, qu’ils sachent qu’elle aura bien lieu malgré leurs menaces quotidiennes, que la scène sera remplie d’une pensée libre, s’opposant à leur raison close, que le vent soufflera dans tous les sens, à travers mais jamais à tort. Il n’y aura aux murs ni corps de martyrs torturés ni visages de suppliciés, pas des jeunes gens crucifiés pour nous rappeler le chemin du paradis et de l’enfer, mais seulement ce rire libertaire, trappe à bêtises et tueur de chagrin. Nous continuerons comme le souhaitait Aragon à creuser des galeries vers le ciel, mais pas celui noir et bouché où jouissent les intégristes.

L’abbé Grosjean, en bonne compagnie, risque d’attendre longtemps avant d’avoir un dialogue constructif avec ces gens là. A moins qu’il ne cherche plutôt (en attendant sa mitre) à détourner l’attention des jeunes catholiques qui en ont plus qu’assez de cette christianophobie. Sur son blog , l’ abbé de Tanoüarn (qui ne court pas derrière la mitre), se fait plus clairvoyant :

La nouvelle christophobie n’est pas intellectuelle (voilà pourquoi un athée qui a une réputation à tenir comme Onfray ne veut pas se solidariser avec Castellucci), elle relève du réflexe de Pavlov. il faut créer l’association d’image et d’idée entre le christ et la merde. Si les nouveaux artistes subventionnés parviennent à leur fin, alors le mystère d’iniquité aura consacré son chemin dans notre monde. Alors les signes se trouveront définitivement inversés dans notre culture sans respect. Mais où sera la culture ? Dans la merde justement !

L’enjeu est immense, les provocations vont se multiplier (bientôt Golgota Picnic), les chrétiens face à cette subversion culturelle stipendiée doivent montrer trois choses : une véritable unité ; un grand calme (quitte à mettre les provocateurs hors du jeu) ; une opposition déterminée pour défendre, même de façon publique, un très minimaliste droit au respect, sans lequel il n’y a plus ni religion ni culture.