Et si on lisait saint Thomas d’Aquin ?

Souvent cité comme référence et argument à l’appui des démonstrations, saint Thomas d’Aquin est-il vraiment lu ? Si ce n’est pas le cas, l’excuse de la difficulté de trouver ses œuvres n’est certainement pas une bonne raison. Depuis des années, en effet, les éditions du Cerf poursuivent un effort remarquable de publication d’ouvrages de l’Aquinate. Les éditions dominicaines s’inscrivent là dans une tradition qu’elles ont illustrée dès avant la guerre avec la publication en fascicules de la Somme Théologique dans une édition dite de « La Revue des jeunes ». Longtemps indisponible, cette collection est d’ailleurs peu à peu rééditée en fac-similé.

Mais à côté de ce travail de réédition, les éditions du Cerf poursuivent un travail de publication de nouvelles traduction de textes de saint Thomas d’Aquin. On y trouve, dans de forts beaux volumes, la Somme théologique ou la Somme contre les gentils , mais aussi un nombre toujours grandissant de ses commentaires des Écritures. Le dernier volume paru est son Commentaire de l’Épître aux Éphésiens , dont la traduction est signée du bénédictin Jean-Éric Stroobant de Saint-Éloy, qui a déjà publié plusieurs autres commentaires scripturaires. Préfacé par le cardinal Georges Cottier, ce nouveau volume est annoté par le traducteur et par le professeur Jean Borella (400 pages, 35€).

Au premier abord, le lecteur peu familier avec saint Thomas d’Aquin pourra être surpris par ce commentaire très scolastique, si peu en cours dans le monde de l’exégèse. Mais après un temps d’adaptation, il découvrira sous la rigueur du schéma d’exposition, non seulement une aide pour avancer dans sa compréhension du texte, mais aussi une très grande valeur spirituelle.