Une situation « apaisée » selon Mgr Blaquart
Mgr Fort , ancien évêque d’Orléans, avait anticipé le Motu Proprio Summorum Pontificum en donnant un lieu, dès 2006, aux demandeurs de son diocèse : l’église de Cercottes, à 10 km d’Orléans. Quand la voûte de l’église (sans chauffage) commença de s’effondrer en 2009, Mgr Fort donna à la communauté une belle église du centre ville, désaffectée depuis quarante ans : Notre-Dame de Recouvrance. Son successeur, Mgr Blaquart, a entériné cette décision.
Dans sa dernière lettre , Paix Liturgique relaie un dossier de La République du Centre publié le 9 novembre 2011. Un article raconte comment, à l’automne 2011, un ancien enfant de la paroisse d’Olivet, au Sud d’Orléans, va trouver le curé : il vient d’être ordonné prêtre, est moine bénédictin à Notre-Dame-de-Donezan dans l’Ariège (une fille de Fontgombault , où l’on pratique la liturgie traditionnelle) et aimerait célébrer à Olivet pour sa famille une première messe dans la forme extraordinaire du rite romain. Le curé donne son accord. La République du Centre décide d’y regarder de plus près.
« un encadré rappelle l’objet du Motu Proprio du 7 juillet 2007 et signale les trois lieux du diocèse où la messe traditionnelle est célébrée chaque dimanche. »
Un autre article –intitulé « Une situation apaisée dans le diocèse » – résume un entretien avec Mgr Blaquart , pour qui « les traditionalistes ont toute leur place » dans le diocèse. Du moment qu’ils ne font pas de bruit, comme les autres d’ailleurs. Car, au-delà des traditionalistes, nous pourrions évoquer ces curés, obligés de partir du diocèse pour ne pas faire de vague à l’évêché, sans parler de suicide…
L’évêque d’Orléans « met en garde contre tout amalgame » entre les « traditionalistes » qui « participent pleinement à la vie du diocèse » et les « lefebvristes » qui « n’acceptent pas le dialogue interreligieux issu de Vatican II ». Et avec lesquels il ne faut pas discuter, pourrait-on ajouter… Une pleine page est consacrée à la Fraternité Saint Pie X. Elle comprend un long entretien avec l’ abbé Jean-Yves Cottard, dont la chapelle est installée depuis une dizaine d’années dans un ancien corps de ferme, à La Chapelle-Saint-Mesmin. L’abbé Cottard dit aux journalistes qu’il a contacté Mgr Blaquart afin de le rencontrer, mais que ce dernier n’a même pas répondu à son courrier. Mgr Blaquart ne veut pas d’histoire, pas de vague, pas de publicité, voire pas de dialogue du tout. D’ailleurs, le pèlerinage de Tradition organisé par la Fraternité Saint-Pie X pendant le week-end de Pentecôte et qui, cette année, relie Chartres à Orléans s’est vu refuser l’entrée de la ville. Par ailleurs, au recteur de la cathédrale d’Orléans, qui avait osé accueillir le pèlerinage de l’association Avec Jeanne , de l ‘abbé de Tanoüarn , pour une messe dans le choeur le 7 janvier 2012 (célébrée par l ‘abbé Ribeton de la Fraternité Saint Pierre), Mgr Blaquart a osé affirmer « ne laissez plus ces abrutis venir à la cathédrale : la prochaine fois, dites-leur que c’est occupé, et envoyer les dans une petite paroissse ! »…
Paix Liturgique a commandé une enquête d’opinion auprès des catholiques du diocèse d’Orléans. Cette enquête a été réalisée par téléphone selon les méthodes scientifiques habituelles, du 24 novembre au 6 décembre 2011. Elle a concerné 854 personnes résidant dans le département et âgées de plus de 18 ans. Le premier indice fourni fut de savoir que dans le Loiret 53 % des personnes se déclarent « catholiques », ce qui est dans la moyenne nationale basse. Résultats :
– 57 % des catholiques pratiquants (assistant au moins une fois par mois à la messe) considèreraient normale la coexistence des deux formes du rite dans leur paroisse ;
– 35 % auraient l’intention d’assister tous les dimanches à la messe selon la forme extraordinaire si elle était célébrée dans leur paroisse ;
– 22 % le feraient au moins une fois par mois.
3 groupes de demandeurs formels se sont fait connaître depuis le 7 juillet 2007 :
– à Pithiviers ;
– à Chatillon-sur-Loire et Briare ;
– à La Source-Orléans.
Répondre à l’attente de ces trois groupes serait un pas important vers une « situation apaisée » qu’invoque Mgr Blaquart. Paix Liturgique conclut :
« Monseigneur Blaquart, votre diocèse est sous les feux de la rampe en ce 600ème anniversaire de la naissance de Jeanne d’Arc. Permettez-nous de reprendre la belle conclusion des propos que cet événement vous a inspirés et convenir avec vous que le souvenir de celle que Péguy considérait « la fille la plus sainte après la Sainte Vierge » nous renvoie « à notre conscience, aux fondements de nos engagements et à la pureté de nos actes ». Excellence, puisse sainte Jeanne d’Arc purifier nos engagements et nos actes du poison des vieilles idéologies ! Puisse l’expérience de réconciliation liturgique et pastorale réussie dans trois paroisses de votre diocèse vous inciter à laisser d’autres lieux s’ouvrir à la forme extraordinaire de la messe. Alors, que de moissons nouvelles, que de beaux fruits spirituels pour tous ! »
