À Cognac, Sud-Ouest se penche sur « les tradis du pape »
À trois reprises la semaine dernière, le quotidien régional Sud-Ouest a consacré un article à la non-application du motu proprio Summorum Pontificum à Cognac. Le fait est suffisamment rare pour être signalé.
Le premier article, intitulé « Messe en latin : l’appel des Tradis de Cognac » présentait la situation du groupe de demandeurs de la ville, emmené par le docteur Antoine Pierron, et qui, « baladé entre le curé de la paroisse de Cognac et l’évêque du diocèse, Monseigneur Dagens », se heurte à « un mur de silence ». D’où l’appel des fidèles cognaçais : « Monseigneur Dagens, à défaut d’ouvrir votre cœur, ouvrez vos oreilles » !
Le 12 juin, un nouvel article intitulé « Une profession de foi pour le retour du latin », donnait la parole au docteur Pierron pour lui permettre d’expliquer les solutions que les demandeurs envisagent pour que la forme extraordinaire du rite romain soit célébrée en l’église Saint-Léger. Comme le souligne le journaliste : « La majorité des membres du groupe traditionaliste sont des paroissiens de Saint-Léger. » Comprenez des fidèles comme les autres sauf qu’ils n’ont pas droit à l’attention de leurs curés (la paroisse de Cognac a deux curés in solidum ) ni à celle de leur évêque…
Le 14 juin, un troisième article, signé par un troisième journaliste, preuve que c’est toute une rédaction qui s’est emparée du sujet, semble rapporter de façon indirecte le point de vue de l’évêché sur la question. Sous le titre « Les traditionalistes, l’évêque et le siècle », l’auteur explique en fait qu’entre les demandeurs de Cognac et l’évêque il y a « un gouffre ». Un gouffre « politique » car tandis que le docteur Pierron refuse « la sécularisation du monde » et en appelle « à l’évangélisation des vieilles nations catholiques », Mgr Dagens parle pour sa part à Golias , s’interroge « sur les idées martiales du Front national » et estime que « La pastorale de la forteresse assiégée et de l’intransigeance conduit à l’échec. »
Quelle tristesse que de voir « la question du retour du latin » dans l’Église réduite à une question d’affinités politiques entre un évêque et ses fidèles ! Quelle trahison du magistère pontifical ! Quel manque de charité et de vision surnaturelle des choses ! Le journaliste le perçoit bien d’ailleurs qui précise que cette affaire « ne concerne plus les seules chapelles intégristes autrefois schismatiques, mais toute l’Église. Une Église plurielle, parfois divisée, où l’on parle de paix et de sollicitude, mais où recoudre la tunique déchirée du Christ est bien difficile. »
Surtout quand, comme Mgr Dagens, on n’essaie même pas…

