Rome et l’Église de France : “fare niente”

Un lecteur, qui nous écrit sur le pseudonyme de « Grincheux », souhaite commenter notre article du 28 novembre dernier sur les visites ad limina des évêques français à Rome. Voici ce texte “incisif” qu’il a titré « Rome et l’Église de France : “ far niente ” »…

L’article sur les actuelles visites ad limina paraît tout à fait juste : on s’y auto congratule “ecclésiastiquement”. On se demande parfois se qui peut bien se passer durant ces audiences de 3/4 d’heure. 3/4 d’heure, tout simplement.

Les “visites de chaleur”, à la Curie, sont celles que l’on se rend après la sieste, au moment le plus chaud du point de vue de la température et le plus paisible du point de vue des activités de la journée. (Il existe aussi des “visites de pantoufles”, qui ont lieu le soir, après la cena : on qualifie ainsi spécialement les visites que les cardinaux se rendent entre eux, dans leurs cellules, au conclave, pour préparer les votes du lendemain).

Pour en revenir au climat des visites ad limina : les évêques français s’aperçoivent les uns avec bonheur, les autres avec effroi, que les évêques peuvent tout faire (ou plutôt tout laisser faire) en France, sans avoir rien à craindre d’une Rome qui s’est installée dans l’heure de l’après sieste. Rome les laisse faire laisser faire. Chaque partie jetant un regard « très positif » sur le farniente de l’autre.

Le dernier pouvoir qu’exerce encore (et avec quelles précautions !) le Saint-Siège est la nomination des évêques : de sorte que nos évêques en visite tentent de bien comprendre, dans les discours qu’on leur tient, quels sont les actuels critères du cardinal Ouellet pour pourvoir aux postes vacants, ce qui leur permettra de présenter les dossiers des candidats qu’ils veulent faire passer en fonction de ces critères. Lesquels critères peuvent se résumer en ceci : nommer des hommes modérés pour gérer la faillite, de préférence selon « l’herméneutique de continuité », mais sans faire de vagues. Des modérés pour exercer un semblant de pouvoir supervisé par un semblant de contrôle. Variante des portes de l’enfer pour civilisation du XXI e siècle : une perpétuelle journée portes ouvertes.