Tuerie de Newton : la vraie question à se poser

Depuis deux jours, tous les journaux télévisés des chaînes dites françaises “ouvrent” sur l’abominable tuerie de Newtown (Connecticut), enchaînent à la queue leu-leu des “éditions spéciales”. Commentaires dégoulinant de sentimentalisme ou franchement oiseux s’accumulent, jusqu’au Président Obama écrasant une petite larme qui lui jaillit des yeux. Plus jamais cela ! Plus jamais cela ! Et pour ce faire, contrôle absolu des ventes d’armes à feu ! C’est stupide. Le strict contrôle des ventes d’armes en feu en France, n’a pas empêché l’islamiste Mohammed Merah d’aller révolvériser des petits enfants juifs de Toulouse tout aussi innocents que les petits enfants chrétiens de Newtown. C’est stupide et c’est hypocrite. La vraie question que nous devons nous poser sur l’horreur du massacre de ces vingt petits innocents, c’est notre rapport à la dignité de la personne humaine, notre rapport à la culture de vie. Dans notre pays où l’avortement est légalisé, encouragé et désormais intégralement remboursé, et où ceux qui tâchent de sensibiliser leurs compatriotes sur le « crime abominable » de l’avortement sont interdits de parole, chassés de l’espace public et poursuivis devant les tribunaux, voudra-t-on bien mesurer l’inconvenance qu’il y a à surmédiatiser une abomination survenue dans le Connecticut, en détournant les yeux d’une abomination au quotidien chez nous ? C’est ce que les esprits les plus sensés aux États-Unis soulignent aussi. L’abbé John Hollowell , ce curé de la paroisse de l’ Annunciation de Brazil (Indiana) qui n’est pas un parfait inconnu pour les lecteurs de ce portail, a fait sur son blogue On This Rock , le jour même du massacre de Newtown, un commentaire pénétrant qui renvoie nos sociétés devant le miroir pour qu’elles se regardent telles qu’elles sont. L’image est bien laide… Voici un court extrait de ses commentaires.

Dans notre culture, la dignité de la personne humaine on lui crache dessus, elle est moquée, détruite. La “dignité de la personne humaine”, cela ne dit rien à personne. À chaque fois que quelqu’un se lève pour parler de la “dignité de la personne humaine” sur la place publique, on lui hurle dessus pour la faire taire, on se moque d’elle pour utiliser des termes d’une culture archaïque que nous avons, comme on nous le dit, dépassée et surmontée.

Aujourd’hui, un être humain n’a de dignité que si les autres le veulent : un enfant qui essaie de trouver son souffle sur la table d’un avorteur, on ne lui accorde une dignité que si sa mère le souhaite. L’avorteur et notre Président tels les empereurs dans le Colisée de Rome, attendent que la mère lève ou baisse le pouce pour décider si l’enfant vivra ou mourra.

Des embryons sont rangés dans des congélateurs dans tout le pays, les systèmes reproductifs des parents sont mutilés pour n’avoir que le plaisir et pas le fardeau d’enfants, les guerres sont désormais menés comme des jeux informatiques, à travers les systèmes de visée de drones, nous disons aux pays du Tiers Monde que “les enfants sont le problème” et donc si vous voulez de notre nourriture il va falloir arrêter d’avoir des enfants.

Aujourd’hui dans le Connecticut, un énorme miroir a été mis au dessus de notre nation et un monstre surgi des profondeurs de l’enfer nous illustre et nous montre très exactement ce que nous ne voulons pas voir : nous haïssons les enfants, nous haïssons la vie, et la dignité de la personne humaine est en survie artificielle dans notre pays.