Les ignobles insinuations d’un dominicain
Le frère dominicain Lionel Gentric , prêtre de 35 ans, est tuteur des frères étudiants au couvent Saint-Thomas-d’Aquin à Lille et directeur régional du pèlerinage du Rosaire pour la région Flandres-Artois-Picardie. Dans un texte publié sur le site de la Province de France des dominicains, il critique l’unanimité des évêques contre la dénaturation du mariage. Selon lui, il faudrait que des évêques se déclarent favorables au projet de loi ! Il a l’honnêteté de ne pas cacher sa position personnelle. La voici :
« Disons en quelques mots, pour couper court à d’inutiles spéculations, que je suis
- convaincu de la légitimité et du bien-fondé des principales revendications des familles homoparentales, ainsi que de la nécessité de leur accorder une juste reconnaissance,
- assez convaincu que le projet de loi transforme en profondeur l’institution civile du mariage,
- très dubitatif sur l’opportunité de procéder à cette transformation,
- plutôt favorable à l’ouverture du droit à l’adoption pour les couples homosexuels,
- très réticent à l’ouverture du droit à l’A.M.P. pour les couples de lesbiennes,
- farouchement opposé à la légalisation de la G.P.A., et donc
- très hésitant dans l’ensemble. »
Voilà un dominicain favorable à l’adoption pour les homosexuels et donc d’accord pour priver des enfants du droit d’avoir un père et une mère ! Et il enseigne la théologie morale au couvent de Lille ! Quelle morale est donc enseignée ?
Dans son texte , il écrit :
« Depuis des mois, la hiérarchie catholique ne parle que d’une seule voix. Comme si tout le monde était d’accord. Comme s’il n’y avait plus qu’à choisir les moyens d’action et à entrer en campagne. On peut craindre que cette fausse unanimité desserve profondément la cause de l’unité de l’Église : beaucoup de catholiques aujourd’hui, sans être nécessairement de grands partisans du mariage pour tous, ne sont pas convaincus par l’argumentaire anthropologique qui a été retenu pour la cause ; ils entretiennent des doutes qui méritent d’être pris au sérieux et qui ne le sont pas.
Rien n’est évident dans cette histoire. Rien n’est évident et rien n’est simple. Comme l’indiquent les sondages (ceux des instituts comme celui que n’importe qui peut faire dans la plupart des paroisses), les fidèles sont partagés. Beaucoup ne demanderaient qu’à voir ouvrir vraiment le débat, non seulement dans la société, mais aussi et d’abord dans l’Église. Les prêtres sont également partagés. Oserai-je dire enfin que les évêques eux-mêmes sont certainement partagés ? Je ne suis pas journaliste d’investigation, je n’ai recueilli aucune confidence, je n’ai aucun enregistrement téléphonique… mais considérant d’une part que les prêtres français sont très partagés et d’autre part que les évêques ne sont pas des hommes extrêmement différents des simples prêtres, il est assez clair que les évêques ne partagent pas tous l’ardeur des leaders . Il n’y a pas de vraie unanimité, même au sein du collège épiscopal, au sujet du fameux projet de loi. Nous jouons depuis des mois une grande partie de cache-cache, dans laquelle certains pourraient finalement se lasser de s’être si bien cachés. »
Il n’a aucune preuve de ce qu’il avance mais cela ne l’empêche pas d’affirmer que les évêques sont partagés sur une question sur laquelle ils se sont montrés unanimes. Voilà un prêtre, jeune de surcroît, qui vient semer le doute sur les convictions des évêques, sur leurs convictions, sur leur moralité. Un prêtre, dominicain, qui vient semer la division.
