Le progressisme pro « mariage gay » se fait très rare

Le quotidien Le Monde a tenté de faire le compte de ces « catholiques » favorables au projet de loi dénaturant le mariage. Le résultat est médiocre. On n’y trouve même pas le médiatique Mgr Gaillot. Il n’y a même aucun évêque. Il a fallu racler les fonds de tiroirs. En premier lieu, le quotidien revient sur le texte auto-censuré du frère dominicain Lionel Gentric :

« Alors que, depuis quelques semaines, des déclarations alternatives venues des rangs les plus progressistes de l’Eglise peinent à trouver un écho, la mésaventure survenue au texte d’un jeune dominicain de Lille, dénonçant au canon l’absence de débat sur ce sujet dans l’épiscopat et parmi les fidèles, illustre la difficulté à ouvrir la discussion. Ce texte tournait depuis plusieurs jours sur Internet, fin décembre 2012, lorsqu’il a disparu des écrans, » à la demande de son auteur « , assure-t-on chez les dominicains. Publiée sur le site national de cet ordre religieux réputé pour son goût du débat, la réflexion, loin d’être un plaidoyer pour le mariage pour tous, avait en revanche tout pour devenir le manifeste des pourfendeurs de l’attitude de l’Eglise sur ce dossier. Ainsi, visiblement frustrée de ne pouvoir le partager, la ministre du logement, Cécile Duflot , élevée dans la foi catholique et partisane du mariage pour tous, a recherché le texte » censuré » sur Internet et lui a donné une nouvelle vie dans un tweet du 1er janvier. »

Le progressisme a perdu de sa combativité : le jeune dominicain n’a même pas eu le courage d’aller au bout de sa fronde, ni d’en assumer les conséquences : texte retiré, brève explication oiseuse. A croire qu’il a eu honte de son audace.

Le Monde relaie aussi le texte de ce prêtre de Quimper en retraite :

« Cette même interrogation taraude Laurent Laot, prêtre à la retraite et universitaire. » Ce dossier est un cas d’école du verrouillage du débat dans l’Eglise. Depuis les déclarations de Lourdes – en novembre, le président de la Conférence des évêques, Mgr Vingt-Trois , y a qualifié de » supercherie « le projet de loi – , on fait comme si tout le monde devait s’aligner. C’est silence dans les rangs « , regrette le prêtre, qui a rendu publique une lettre adressée en décembre à des évêques. Il y déplore l’absence de » considération « des évêques pour des positions différentes des leurs. Et regrette qu’une déclaration, publiée en septembre par la commission Famille et société de la conférence épiscopale, et qui se voulait plus nuancée, soit aussi peu relayée. Ce texte, qui prenait acte des aspirations des couples homosexuels, engageait le gouvernement à chercher des solutions alternatives. Reconnaissant une certaine homophobie dans l’Eglise, il semble avoir été escamoté par la hiérarchie catholique. »

Cette dernière déclaration est intéressante. Ce texte est en effet tombé dans les oubliettes. S’il s’opposait au projet de loi, il reconnaissait néanmoins une certaine légitimité à l’homosexualité, contrairement à ce qu’enseigne le catéchisme, et ouvrait la porte à l’idée d’un Pacs amélioré. Certains évêques ont d’ailleurs reprise cette idée, mais on ne sait pas si c’est par pure conviction ou avec l’idée de proposer n’importe quelle alternative au projet de loi, selon une idée mal conçue du moindre mal. Le fait que ce long texte de la commission Famille et société de la CEF ait été mis sur la touche montre que l’épiscopat se situe sur une ligne plus dure que Frigide Barjot , qui estime, elle, que le Pacs est une bonne chose et qu’il pourrait être amélioré. L’Eglise estime au contraire que la reconnaissance juridique des unions homosexuelles, de quelque type qu’elle soit (type Pacs ou type mariage) est à proscrire.

A défaut de trouver mieux, Le Monde cite aussi Jean-Pierre Mignard , codirecteur du magazine moribond Témoignage chrétien. C’est tout un symbole : le progressisme français qui a tant fait de mal à notre Eglise est aujourd’hui à l’état de décomposition de ce canard.

« L’hebdomadaire des » cathos de gauche « , qui tente de se relancer après avoir disparu des kiosques, a pris position pour le mariage pour tous. » Avant de demander des débats dans l’opinion, il faut que l’Eglise accepte le pluralisme en son sein et fasse la preuve qu’elle est capable de débattre. C’est la condition de sa légitimité. Le rôle de l’Eglise n’est pas de diviser mais de réunir. Or aujourd’hui, comme sur la contraception dans les années 1960, elle est en position d’exclusion. »

Se plaindre de l’exclusion, pour quelqu’un qui la pratique tous les jours (exclusion de la vérité, exclusion du droit canonique, exclusion des traditionalistes, etc .), c’est assez pittoresque.

Le Monde a trouvé aussi Les Réseaux du parvis :

« Dans une pétition intitulée » Trop c’est trop ! « , cet ensemble d’associations de chrétiens progressistes et minoritaires [sic] s’inquiète de l’implication de l’épiscopat dans la manifestation du 13 janvier. Plusieurs évêques ont annoncé leur participation et appelé les fidèles à défiler. » Les évêques n’ont aucun droit à parler au nom des catholiques, qu’ils n’ont jamais été consultés « , affirment les pétitionnaires, qui disent avoir collecté plus de 3 000 signatures. « Les chrétiens, catholiques ou d’autres confessions, sont divers dans leur approche de cette question comme des autres questions de société. »

3000 signatures : il n’y a pas à dire, les « catholiques » de gauche favorables à la dénaturation du mariage se font très rares.