L’église LGBT de Londres passe à l’Ordinariat anglican

Une bonne nouvelle et un joli cadeau de Noël pour l’Ordinariat de Notre-Dame de Walsingham qui rassemble les anglicans ayant accepté l’appel de Benoît XVI à la pleine communion avec Rome : l’église Notre-Dame de l’Assomption de Warwick Street (à deux pas de Piccadilly Circus) du diocèse de Westminster, sera à partir du Carême à sa disposition sur décision de l’archevêque de Westminster et président de la Conférence épiscopale d’Angleterre et du Pays de Gales, Mgr Vincent Nichols . Dans le communiqué annonçant cette mesure le 2 janvier dernier, l’archevêque souhaite que cette église – où le bienheureux cardinal Newman aurait assisté pour la première fois à la messe catholique – permette aux fidèles de l’Ordinariat de prospérer.

Cette nouvelle est d’autant plus réjouissante que cette église était depuis 2007, avec la bénédiction de l’archevêque de l’époque, le cardinal Murphy-O’Connor , le théâtre des messes dites « de Soho », destinées aux communautés transgressives londoniennes. Pour autant, ce n’est pas la fin des messes gays comme le titrent certains de nos confrères mais juste un transfert à un kilomètre de là, chez les jésuites de l’église de l’ Immaculée Conception de Mayfair.

Après avoir, en février 2012, renouvelé le soutien de l’archevêché aux organisateurs des « messes de Soho » tout en les invitant à ne pas être ferment d’opposition au magistère de l’Église, Mgr Nichols a donc trouvé une solution fort diplomatique à un dossier brûlant. Née comme un apostolat spécifiquement tourné vers les minorités sexuelles, l’expérience de Soho était en effet peu à peu devenue une tribune pour les revendications les plus ouvertement contraires à la doctrine catholique et la vitrine des pires abus liturgiques. En déplaçant la communauté LGBT , Mgr Nichols entend revenir aux origines de cette initiative et veiller au soin pastoral à accorder aussi bien aux personnes en situation de grand désordre sexuel qu’à leurs proches. Pour ce faire, la messe qui sera dite à leur intention ne sera plus organisée par leurs soins mais sera celle célébrée par les jésuites. En revanche, la communauté disposera de locaux plus vastes pour développer ses activités, ce dont elle a remercié l’archevêque.

Gageons toutefois que la Congrégation pour la doctrine de la Foi gardera un œil sur ce dossier, l’un des premiers sur lesquels Mgr Gehrard Müller aurait planché en arrivant à ses nouvelles fonctions de préfet de l’ancien Saint-Office, si l’on en croit le site allemand katholisches.info , ce qui expliquerait le revirement de Mgr Nichols .